L’expert en santé contre les politiciens : un crêpage de chignon gouvernemental4 minutes de lecture

Un VRAI expert en santé VS des politiciens : un crêpage de chignon gouvernemental

Le ministre de la Communication a essuyé aujourd’hui une salve de critiques acerbes, mettant en cause sa remontrance à l’endroit du ministre de la Santé Ahmad Ahmad ainsi que le manque de transparence du gouvernement sur la gestion de l’épidémie. Une épidémie ayant des zones d’ombres, selon les observateurs. Montrée du doigt, Lalatiana Andriatongarivo continue de s’attirer les foudres des internautes. Le point sur un « crêpage de chignon gouvernemental » en parallèle de la crise sanitaire et ses dizaines de morts.  

Rappel des faits : le communiqué de la discorde

Dans une lettre datée du lundi 20 juillet faisant appel aux chefs d’agences et institutions partenaires du développement sanitaire, le professeur Ahmad Ahmad a notifié une liste de matériels dont Madagascar a besoin de toute urgence pour lutter contre le Covid-1. Le communiqué a fuité sur les réseaux sociaux le mardi 21 juillet, mais n’était pas destiné à être rendu public, précise le ministre.

Partagé par Mahery Lanto Manandafy sur son profil Facebook, le communiqué a fait le tour de Facebook et n’a pas manqué de faire réagir. Son contenu laisse penser que la situation sanitaire à Madagascar est plus que préoccupante.

« L’épidémie de covid-19 évolue ces dernières semaines selon un mode très critique à Madagascar avec des flambées épidémiques importantes (…) Plusieurs milliers de gens sont infectés par le virus, parmi lesquels des agents de santé, et les hôpitaux sont débordés par l’afflux des malades graves (formes sévères) dont certains décèdent malheureusement faute d’accès aux soins. » Extrait de la lettre écrite par le professeur Ahmad Ahmad, ministre de la Santé.

Outre cet état de la situation, le communiqué a également mentionné une liste de matériels et de médicaments dont les établissements de santé et le personnel soignant ont besoin urgemment, notamment 1200 concentrateurs d’oxygène, 337 respirateurs, 1 million de masques type FFP2, 328 000 comprimés d’hydroxychloroquine et 32 464 ampoules injectables de Dexaméthasone.

De la liquidité pour payer les indemnités de risque du personnel médical et les primes de motivation est aussi réclamée. Des indemnisations que les agents de santé demandent depuis plusieurs semaines.

Contre-attaque du gouvernement !

Suite à la publication de ce courrier qui a levé le voile sur la perte de contrôle de l’épidémie, le gouvernement n’a pas tardé à riposter, par le biais de son porte-parole, Lalatiana Rakotondrazafy. Cette dernière s’est dite « consternée » par cette initiative personnelle prise par le ministre de la Santé.

 « Cette démarche n’a jamais été prise ni au niveau du conseil du gouvernement ni au niveau du conseil des ministres et le ministère des Affaires étrangères n’a pas non plus été saisi comme il est d’usage dans ce genre de correspondances. », déclare Lalatiana Rakotondrazafy.

Et pour ne rien arranger, la ministre de la Communication et de la Culture, rajoute une couche :

« la lettre reflète l’état de débordement dans lequel se trouvent le ministre et son entourage (…) de nombreux points cruciaux dans la gestion de cette crise sanitaire ont échappé à la vigilance du ministère de la Santé publique ».

Pour ce qui est de l’inventaire des matériels médicaux et médicaments requis pour faire face au coronavirus demandé par le professeur Ahmad Ahmad, Lalatiana Rakotondrazafy blâme le ministre de la Santé de ne pas avoir notifié le gouvernement de la pénurie de ces équipements.

« Les masques, visières de protection, gants, surblouses remis à l’équipe dirigeante du ministère de la Santé n’ont pas laissé sous-entendre une insuffisance de ces équipements ».

Et pourtant, le personnel médical n’a de cesse de dénoncer le déficit d’équipements mis à leur disposition depuis plusieurs mois.

Par ailleurs, le gouvernement admet dans son communiqué la non-maîtrise de l’épidémie de coronavirus à Madagascar, mais sans manquer de mettre le professeur Ahmad Ahmad sur le banc des accusés.

« Le Président de la République et l’ensemble du gouvernement sont en connaissance de certaines doléances des patients qui sont confrontés à des difficultés (…) Difficultés dues essentiellement à ces carences dans la gestion de la lutte contre la pandémie du Covid-19 ».

Madagascar enregistre à ce jour 7 548 cas de Covid-19, dont 65 décès.

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