Un gouvernement en panique contraint d’avorter la vague Miara Manonja2 minutes de lecture

Un gouvernement en panique contraint d’avorter la vague Miara Manonja

Depuis quelques mois, Madagascar est en ébullition. Une vague de protestation agite le pays où les mouvements de l’opposition s’enchainent contre l’augmentation du coût de la vie et pour dénoncer les divers scandales impliquant les élites politiques au pouvoir.

Dans un pays secoué par une profonde crise sociale, l’opposition fait entendre sa voix face à un gouvernement en mal de crédibilité. La manifestation prévue à Ambohijatovo a été stoppée samedi 20 février par les forces de l’ordre. Les leaders du mouvement Miara Manonja avaient appelé les citoyens à défiler dans le centre-ville pour interpeller l’État sur la crise sociale qui secoue le pays. La manifestation a été prohibée par le préfet d’Antananarivo pour des questions de sécurité. Sur place, les forces de l’ordre ont cependant dû disperser quelques individus venus malgré cette interdiction.

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La ville des Milles quadrillée

Très tôt dans la matinée de samedi, les forces de l’ordre ont bloqué toutes les routes menant vers Analakely et Ambohijatovo, d’Ambanidia à Antaninarenina en passant par Isotry et Mahamasina.

Les voitures n’étaient pas autorisées à entrer dans le centre-ville. Les forces de l’ordre ont également bloqué tous les taxis-brousse en direction de la capitale.

Les députés de l’opposition à l’origine de cette manifestation avortée ont appelé les autorités à rouvrir les axes menant vers Analakely et ont demandé à leurs partisans à écouter les consignes via les ondes du Miara Manonja. Dans la foulée, ils ont fustigé la rafle policière et les persécutions visant les partisans de l’opposition.

Au total, 12 individus ont été arrêtés. Ils ont été accusés d’atteinte à la sureté de l’État (le chef d’inculpation en vogue à Madagascar), d’incitation d’attroupements et de rémunération de manifestants.  

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Les vêtements rouges pris pour cible

Seuls les piétons ont été autorisés à se rendre à Analakely, à condition de ne pas porter de vêtement rouge. Ceux qui ont eu le courage de respecter le code couleur du mouvement ont eu droit à des intimidations, des lynchages verbaux de groupes d’individus (qui selon les opposants ont été rémunérés par les pros-pouvoir) et des arrestations.

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