Prison d’Antanimora : bienvenue en enfer4 minutes de lecture

Prison d’Antanimora : bienvenue en enfer

La prison d’Antanimora est un véritable enfer sur terre, à la lamentable réputation. Dans un pays paradisiaque comme Madagascar, mais hélas gangréné par la corruption, quand les barreaux se renferment, c’est une face sombre, voire funèbre, qui s’ouvre à vous.

Madagascar un pays paradisiaque ? À condition d’éviter la case prison où l’on constate une surpopulation scandaleuse et des conditions de vie inhumaines.

Les statistiques de la prison d’Antanimora donnent la chair de poule : 2 850 personnes y sont incarcérées, un chiffre trois fois supérieur à la capacité d’accueil initiale du centre pénitencier.

Amnesty International a déjà décrié l’univers carcéral à Antanimora. La surpopulation carcérale y est alarmante, tout comme à Tsiafahy et les autres prisons de Madagascar. Les conditions de détention, quant à elles, sont d’une autre époque : absence de soin, tortures quotidiennes, insuffisance de nourriture, cellules salubres et moisies

De la moisissure sur les murs et les planches en bois... Une cellule d'Antanimora partagée par plus de 40 détenus. Amnesty International
De la moisissure sur les murs et les planches en bois… Une cellule de la prison d’Antanimora partagée par plus de 40 détenus. © Amnesty International

Une surpopulation carcérale alarmante

La MC d’Antanimora présente un taux d’occupation de 247 %. Cette surpopulation est bien évidemment source de nombreux problèmes. L’exiguïté des cellules et le manque de dortoirs favorisent le manque d’hygiène et les complications sanitaires. Cette situation déplorable accroit également le risque de violences entre détenus et l’impossibilité de mettre en place un suivi individualisé.

La surpopulation dans les prisons malgaches est principalement due à 2 facteurs : l’abus de détentions préventives avant que le procès n’intervienne et les peines beaucoup trop sévères.

« Si l’un d’entre nous venait à se lever pour aller aux w.c., il n’aurait plus de chance de retrouver une place pour se rendormir. » Confie Tahiry, un ancien détenu d’Antanimora.

À la MC d’Antanimora, le greffe contient des centaines de dossiers qui s’accumulent depuis des dizaines d’années. L’enregistrement numérique est limité. Amnesty International
À la prison d’Antanimora, le greffe contient des centaines de dossiers qui s’entassent depuis des dizaines d’années. © Amnesty International

MC d’Antanimora : une prison pour les riches

Indépendamment des OCP (Opposants Contre le Pouvoir), des escrocs d’envergure ou autres gros bonnets, la prison d’Antanimora est remplie d’individus mis en détention pour des faits mineurs (vol à l’étalage, escroquerie, abus de confiance, falsification de documents…).

Ils ne représentent pas moins de 60 % de l’ensemble de la population carcérale, 2 tiers d’entre eux ayant moins de 30 ans.

Curieusement, ces prisonniers incarcérés pour des crimes dits « mineurs » sont les moins bien traités dans les prisons. Et pour cause, ils font généralement partie de la classe pauvre.

À Antanimora, tout (ou presque) serait permis si on a assez de liquide. D’après nos sources, il faudrait payer 5 000 ariary au garde pénitencier pour visiter un proche en prison. La somme deviendrait plus conséquente (de l’ordre de 10 000 ariary) si l’on veut que le temps de visite dure. Pire encore, à la prison d’Antanimora, il serait également possible de sortir en dehors du centre pénitencier le temps d’une journée en échange de 200 000 ariary.

Pour les cas de ceux qui ont une lourde peine ou qui n’ont pas de famille, cela devient compliqué, voire impossible, de survivre puisque l’administration pénitentiaire ne fournit quasiment rien aux prisonniers, si ce n’est des maniocs pourris cuits dans une marmite.

Article connexe : Tsiafahy, l’une des prisons les plus dangereuses du monde !

Les pauvres ne peuvent pas donc bénéficier des droits accordés aux riches, sans compter d’éventuels châtiments qu’ils recevraient comme :

  • La restriction de visites
  • Les coups de bâtons et le confinement
  • Un passe-droit dans le bloc des homosexuelsoù les détenus vous violent pendant plusieurs jours sous les yeux amusés des gardiens.
  • Une journée à Andekaleka: Une zone d’Antanimora où se trouvent les évacuations des eaux usées. Le prisonnier devra nettoyer les excréments avec les mains.

Bien évidemment, Antanimora n’est pas la seule prison de Madagascar où les conditions de vie des prisonniers sont bafouées. Presque toutes les maisons d’arrêt de la Grande Ile (MC d’Antsirabe, MC d’Ambositra, MC de Fianarantsoa, MC d’Ihosy, MC de Farafangana, MC de Manakara, MC de Maintirano, MC de Tsiafahy) mettent en péril le bien-être physique et mental des détenus.

Vous pouvez d’ailleurs cliquer ici pour consulter le rapport complet d’Amnesty International sur l’état effroyable de toutes les prisons de Madagascar.

Statistiques des établissements visités par Amnesty International
Statistiques des établissements visités par Amnesty International

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