Le « fati-drà » : la fraternité par le serment, une coutume propre aux Malagasy3 minutes de lecture

Comment faire un fatidrà (Fraternité par le serment) ?

Le « fati-drà » ou la fraternité par le serment est une coutume propre aux Malagasy. Si aujourd’hui ce rite n’est presque plus au goût du jour, il est encore très pratiqué dans certaines régions de la Grande Ile. Importance, définition, modus opérandi… Tour d’horizon !

Qu’est-ce que le fatidrà ?

Le fati-drà est une cérémonie qui s’effectue entre 2 individus n’ayant aucun lien de parenté, mais qui veulent faire évoluer leur relation amicale en une relation fraternelle par le sang. Cette pratique peut unir n’importe qui, quel que soit son statut, son sexe, sa famille, sa religion ou son ethnie.

Pour commencer, les 2 personnes qui souhaitent faire une alliance par le sang doivent aviser le « Sojabe » (l’ancien du village). Ce dernier donnera ensuite son accord (ou pas) suite à une interrogation approfondie des 2 parties. Sans son approbation, le rituel ne sera pas crédible aux yeux de la communauté.

Vient ensuite un rituel effectué par le « Mpitoaka », une sorte de chaman qui se charge de souhaiter souffrance et damnation pour celui qui ne tiendra pas ses promesses et de prononcer une bénédiction pour la personne qui respectera ses engagements de fraternité.

Lors d’une cérémonie de « fati-drà », les 2 personnes peuvent inviter les membres de leur famille, des amis, voire même toute la communauté. Et pour cause, la fraternité par le serment n’unit pas seulement les 2 protagonistes, mais aussi leur famille respective. Ainsi, le contractant qui brise ses engagements n’est pas le seul frappé par la malédiction, mais toute sa famille.

fatidrà
Le rituel du fati-drà est encore pratiqué dans de nombreuses régions de Madagascar

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Les outils requis pour réaliser le rituel du fatidra

Pour effectuer une cérémonie de fati-drà dans les règles, quelques accessoires sont nécessaires :

  • Le kisaviky (Taolan’omby tsy hita reny)
  • De la cendre (lavenona)
  • 7 brins d’herbe arrachés ou coupés (Ahitra fito tsoahina)
  • Une assiette remplie d’eau pure (Kapila iray asiana rano madio)
  • Du riz cuit (Vary Masaka)
  • Un kojeja
  • 2 couteaux (Meso ou saboha)

Comment faire un fatidrà (fatodrà) ?

Étape 1 : Mis à part les 2 couteaux, toutes ces choses devront être déposées dans l’assiette remplie d’eau.

Étape 2 : Les 2 contractants maintiennent l’un des couteaux au-dessus de l’assiette de façon verticale. La personne qui a demandé la fraternité par le serment doit placer sa main en dessous.

Étape 3 : L’autre couteau est donné à tour de rôle aux 2 protagonistes afin que chacun puisse effectuer une incision sur leurs pectoraux gauches (près du cœur), et ce, afin de faire couler le sang qui sera mélangé avec les aliments dans l’assiette.

Étape 4 : Les aliments mélangés avec le sang seront ensuite consommés par les 2 individus

Une fois ces étapes terminées, les 2 personnes sont officiellement « mpifati-drà ». En d’autres termes, ils sont devenus frères (ou sœurs).

IMPORTANT : Si les 2 personnes souhaitant la fraternité par le serment ne sont pas du même sexe, le mariage leur est formellement interdit étant donné qu’après la cérémonie ils seront considérés comme frère et sœur.

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La dimension sacrée du fati-drà chez les Malagasy

Contrairement aux idées reçues, le fati-drà ou fraternité par le serment est loin d’être un rituel malveillant, voire satanique. Au contraire, c’est une pratique qui véhicule la solidarité, l’unité et la paix.

Le fati-drà fait partie de notre patrimoine culturel. Il raconte notre histoire, nous rappelle le passé. Alors en tant que Malagasy, ne renions pas notre culture.

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