« Lova tsy mifindra » à Madagascar : tu épouseras ta cousine mon fils !3 minutes de lecture

« Lova tsy mifindra » à Madagascar : tu épouseras ta cousine mon fils !

À première vue, vous ne voyez pas en votre cousine, votre cousin, votre neveu ou votre nièce, un partenaire potentiel. Et pourtant, il est tout à fait normal d’épouser un parent proche dans certaines localités de Madagascar, en particulier dans les villages des hauts plateaux. On appelle cette pratique le « Lova tsy mifindra ».

En occident, s’unir avec sa cousine ou son cousin est généralement mal vu. Dans certains pays, cela est même jugé comme un inceste. Mais à Madagascar, se marier avec le fils de son oncle ou la fille de sa tante est une chose assez courante, particulièrement dans les régions rurales d’Antananarivo.

Piqure de rappel sur le « Iova tsy mifindra »

Pour des motivations culturelles ou économiques, s’unir avec son cousin ou sa cousine reste une pratique courante à Antananarivo, mais aussi dans d’autres régions de Madagascar. Dans la plupart des cas, la consanguinité est fréquente en milieu rural et reste ancrée dans la culture du pays.

Pour rappel, ces unions étaient perçues par les « Ntaolo » comme étant l’assurance d’une entente durable et une solution pour garder les biens de la famille. A priori, il s’agit donc d’une solution parfaite pour le succès de sa vie conjugale.

Vers le XIIe siècle, les personnes appartenant à la même lignée se mariaient étant donné que l’environnement était isolé et composé d’un nombre limité d’individus. Au fur et à mesure que les territoires s’étendaient, les possibilités d’alliances entre membres du groupe étaient beaucoup plus larges. Les unions consanguines intimes (entre cousins germains) ont donc laissé place aux mariages consanguins entre apparentés plus ou moins lointains. On parle alors de « mariage endogame patrimonial ».

Il est à noter que ce type de mariage n’est pas propre à notre pays. Les communautés traditionnelles, situées aux 4 coins du monde, présentent également une fréquence élevée de consanguinité. Dans certains pays du Moyen-Orient, du Maghreb, de l’Asie du Sud-est et de l’Afrique de l’Est, le taux de mariage consanguin est assez considérable.

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Les milieux ruraux, les plus touchés par ce phénomène

La pratique du « lova tsy mifindra » est plus ou moins importante selon les régions. Dans certaines localités comme Ambohimalaza notamment, la proportion de mariages consanguins est relativement élevée.

Malgré une sensibilisation des risques de ce type de pratique, nombreux sont encore les conservationnistes qui n’en tiennent pas compte et soutiennent les mariages avec des personnes de la même famille.

Dans le passé, ce type d’union concernait uniquement les familles royales « andriana » et les classes aisées. Via cette pratique, les membres d’une même famille rassemblaient leur terre ainsi que leur richesse (en l’occurrence le bétail) pour préserver le patrimoine familial. L’amour jouait donc un rôle secondaire.

Aujourd’hui, avec l’évolution des mentalités et la mondialisation, la pratique du « lova tsy mifindra » a considérablement diminué en ville, mais a augmenté au sein des milieux ruraux dans le but de garder la famille unie et d’agrandir les terres cultivables.

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Le « lova tsy mifindra », un terrain propice aux maladies génétiques

Certes, épouser sa cousine et son cousin permet de préserver la richesse familiale, mais ce type d’union peut engendrer des conséquences fâcheuses sur le patrimoine génétique. Les enfants résultants d’un mariage consanguin sont plus susceptibles de développer des maladies héréditaires, généralement incurables et handicapantes. La consanguinité occasionne par ailleurs des complications en matière d’accouchement et de procréation.

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