Les Mikea, un peuple en voie de disparition, seulement 400 individus recensés3 minutes de lecture

Les Mikea, un peuple en voie de disparition, seulement 400 individus recensés

Tsivahora, un notable traditionnel Mikea, s’est alarmé hier en conférence de presse face au sort que pourrait connaitre sa tribu. Ce peuple vit au sud-ouest de Madagascar, dans la province de Tuléar, mais risque de bientôt en disparaitre.

Déforestation à cause de l’exploitation illicite de bois ou de la fabrication de charbon, banditisme… la survie de la tribu des Mikea est fortement menacée alerte Tsivahora lors d’une conférence de presse qui s’est tenue à Analakely ce jeudi 2 mai 2019. « Rien que l’année dernière, plus de 46 000 ha de forêt ont été détruits due au trafic de bois. », s’insurge le notable Mikea.

Par ailleurs, en seulement l’espace de quelques mois, son village Bedo a été attaqué 2 fois par des « Dahalo » armés. Un de ses homologues, un notable traditionnel dénommé Kalania, a même été retrouvé décapité. Pour éviter les affrontements (étant donné que les Mikea de Madagascar sont un peuple extrêmement pacifique),  ils ont dû quitter leurs foyers pour se réfugier autre part.

Les Mikea, un peuple en voie de disparition, seulement 400 individus recensés
La population Mikea est la dernière tribu nomade de Madagascar, la majorité vivant dans et autour de la forêt des Mikea © Wikipédia

Cette tribu compte à ce jour une population de 300 à 400 personnes. Mais si rien n’est entrepris pour assurer leur sécurité et les aider à conserver leurs terres, ce peuple sera voué à disparaitre.

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Qui sont les Mikéa de Madagascar ?

Petite communauté issue de la tribu Maromainty et non de Masikoro, les Mikea sont localisés au sud-ouest de Madagascar, entre Toliara et Morombe, dans la forêt éponyme (Forêts des Mikea), une aire protégée par Madagascar National Parks. Ils seraient des descendants de Malgaches qui se sont cachés dans la forêt, à partir du XVIIIe siècle, pour échapper aux guerres militaires et aux invasions des colons. Ayant inspiré diverses légendes, ils ont été longtemps assimilés aux Vazimbas, les habitants originels de Madagascar.

Ils mènent une vie de chasseurs-cueilleurs et communiquent avec les esprits de la forêt (koko). Les Mikea de « race pure » vivent à l’écart de toute civilisation, sans rien connaitre des technologies modernes, contrairement à leurs voisins migrants qui s’autoproclament Mikea. « Nous attirons l’attention de tous que ces gens ne font pas partie de notre communauté même s’ils connaissent notre culture. », explique Tsivahora.

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Par ailleurs, les Mikea de Madagascar ont toujours réussi à vivre sans eau. Pour s’hydrater, ils se tournent vers une racine appelée « Bahoho », une racine dotée d’une forte teneur en eau. Pour ce qui est de leur alimentation, ce peuple se nourrit principalement de miel, d’igname.

La création de voies de circulation dans les forêts du sud-ouest, les vagues de déforestation et l’afflux de migrants depuis les années 1950 ont mis fin à l’isolement des Mikea. Depuis, la population a connu une forte diminution. Actuellement les Mikea à Madagascar ne dépassent plus les 400 individus. Leur culture et leur mode de vie sont en péril. C’est la raison pour laquelle Tsivahora a lancé hier un appel à l’État afin de protéger leur identité et leur ethnie.

La survie de ce peuple qui fait partie du patrimoine culturel malagasy mérite d’être prise au sérieux. Cette tribu est très dépendante de son environnement et son droit à en jouir relève simplement des droits de l’homme.

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