La divination dans le rituel du « Tromba » : entre musique et transe !4 minutes de lecture

La divination dans le rituel du « Tromba » : entre musique et transe !

Madagascar, cette île aux mille et une merveilles, abrite dans son territoire une contrée qui recèle encore bien des richesses à découvrir : le pays des Sakalaves (Sakalava). Il s’agit d’une région occupant la majeure partie de la côte occidentale de la Grande Ile, s’étendant de la province de Tuléar au sud jusqu’à Sambirano au nord.

Le royaume Sakalava est notamment connu pour un rite de possession des plus mystérieux, le « Tromba » qui est un moyen d’entrer en contact avec les ancêtres (Razana).

Définition du « Tromba »

La croyance en la survie de l’âme des défunts est profondément ancrée dans la culture malgache. Le « Tromba » s’inscrit encore dans la liste des coutumes que l’on pratique jusqu’à aujourd’hui. À travers les chamans, les ancêtres d’au-delà transmettent des messages à leurs descendants ou à tout le pays.

Ce rite est généralement pratiqué dans le royaume sakalava, mais aussi chez certains groupes ethniques comme les Mahafaly, les Merina ou les Tsimihety. Tout le monde peut y assister, qu’il s’agisse de plusieurs lignées de famille ou de la tribu tout entière. Durant le déroulement de la cérémonie, le silence complet est de rigueur.

Ce rituel, qui commence en soirée, est basé sur l’adorcisme et sur la transe. C’est grâce à la transe que le maître de cérémonie (médium « Saha », devin « Ampisikidy » ou astrologue « Ampanara-bintana ») parvient à identifier l’esprit qui le possède et à déterminer les raisons de cette possession. Il peut s’agir de divinités de terroir (génies de l’eau, du feu, de l’air et de la terre les génies de l’air et de la terre « tiñy », « kalanôro », « vazimba » ou encore « kokolampo ») ou d’esprits d’un défunt devenu ancêtre (roi, reine, vaillant guerrier, musicien…)

Toutefois, il arrive que le médium puisse être habité par plusieurs esprits. Dans ce cas, on note une succession de plusieurs voix (hommes, femmes ou enfants) de la part de l’hôte durant le tromba.

BON À SAVOIR :

Il est important de différencier le Bilo et le Tromba. Contrairement au Tromba, le Bilo n’est pas un rituel d’adorcisme, mais au contraire d’exorcisme. Ici, l’objectif est de guérir un malade en chassant le mauvais esprit qui a pris possession de son corps. Celui-ci peut-être un satan « setoany », un esprit malin « njary nintsy », un fantôme « lolo raty », un revenant « lolo vokatra » ou un esprit errant « boribe ».

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Manifestation du tromba

La cérémonie commence : les musiciens jouent aux accordéons et battent du tambour, le maitre de cérémonie s’assoit au milieu de la salle et se concentre.

La divination dans le rituel du « Tromba » : entre musique et transe !
L’accordéon et les tambours accompagnent régulièrement les rituels de possession comme la “tromba”

Divers chants sont joués et lorsque l’esprit identifie la musique qui lui est particulière, il se manifeste. L’hôte est d’abord pris de spasmes musculaires, suivis de troubles convulsifs. Il perd ensuite connaissance durant un court laps de temps. Il change de comportement et s’agite tel un acteur de film d’épouvante. Ses yeux révulsent et il se met ensuite à danser au rythme de la musique. On dit alors que l’esprit chevauche le chaman (Mietsika Tromba).

Sa voix se transforme peu à peu pour ressembler à celui de l’esprit qui l’habite. Ce dernier s’exprime par la bouche de son hôte pour réclamer des offrandes, condition à laquelle il donnera des conseils aux vivants, émettra des avertissements ou véhiculera des messages de prédilection.

Dès que l’esprit quitte le corps du médium, ce dernier ne se rappelle de rien de ce qu’il a fait en état de transe. En effet, tous les gestes ainsi que les messages qu’il a délivrés se sont produits en l’absence de sa conscience psychique.

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La symbolique du tromba à Madagascar

Les fervents du tromba pensent que les messages véhiculés par les médiums proviennent vraiment des aïeux. Qu’il s’agisse de bénédictions ou d’avertissements, la tribu se doit de les honorer.

L’esprit de nos ancêtres continue de subsister et il se manifeste à travers le tromba. Même s’ils ne font plus partie des vivants, les défunts se soucient encore du bien-être et de l’avenir de leurs compatriotes. C’est la raison pour laquelle il est important de les consulter de temps à autre pour demander leur conseil et leur grâce.

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