Explosion démographique : génératrice de pauvreté à Madagascar5 minutes de lecture

Explosion démographique : génératrice de pauvreté à Madagascar

Madagascar sans travail pour les jeunes et sans retraite pour les vieux ? C’est certainement le résultat général de la dynamique démographique actuel !

La population malgache atteindra 46 millions d’habitants d’ici 2050. Une bombe démographique à retardement pour la Grande Ile qui laisse planer une épée de Damoclès sur sa santé économique.

Si les plus optimistes affirment que la jeunesse de la population malgache constitue sa puissance, force est de constater que cet accroissement démographique non contrôlé est en train de tuer le pays à petit feu.

Madagascar : 46 millions d’habitants en 2050

Depuis l’indépendance, le taux d’accroissement annuel de la population malgache s’est accéléré, passant de 1 % au temps de la colonisation à 2,5 %. Il en résulte une explosion démographique, Madagascar comptant actuellement près de 27 millions d’habitants (données 2020). Si cette tendance continue, la Grande Ile comptera pas moins de 46 millions d’habitants dans 30 ans.

Les perspectives démographiques à Madagascar ne laissent planer aucun doute sur la nécessité de réguler cette croissance effrénée : si nous ne diminuons pas la taille de nos familles, la Grande Ile pataugera encore plus dans la pauvreté, et ce, en raison des ressources qui ne pourront plus couvrir nos besoins.

Même constat en Afrique : d’ici 2050, la population africaine pourra atteindre les 2,5 milliards d’habitants si elle est de 1,25 milliard aujourd’hui. Et cet accroissement va se poursuivre si bien que la moitié de la croissance démographique mondiale aura lieu en Afrique dans une trentaine d’années selon un rapport des Nations unies.

Un fort taux de natalité à Madagascar

Plusieurs facteurs peuvent expliquer l’accroissement du taux de natalité à Madagascar.

Premier facteur : la diminution du nombre de décès néonatale. En effet, grâce au progrès de la médecine, les centres de santé peuvent aujourd’hui améliorer les prises en charge prénatale.

Par ailleurs, l’enfant est considéré comme une richesse à Madagascar. Le poids des traditions ainsi que la religion font que la procréation est considérée comme un devoir et un impératif moral.

Le niveau d’éducation joue également un rôle crucial dans cette augmentation du nombre de naissances. Car plus une femme est instruite, moins elle fait d’enfants (utilisation de moyens de contraception, mariage plus tardif…)

Voilà donc autant de facteurs qui augmentent considérablement la fécondité à Madagascar où une femme a en moyenne 3,95 enfants.

En comparaison avec l’Afrique, les pays occidentaux enregistrent un taux de fécondité plus bas (1,5 enfant par femme). Cela s’explique par plusieurs facteurs combinés :

  • La prise en charge d’un enfant représente un poids financier
  • Les mariages ne sont célébrés qu’après la fin des études ou lorsque la situation financière devient stable
  • Le recul de l’influence religieuse et traditionnelle
  • L’envie de mieux vivre et de profiter de la vie avant de s’engager

Article connexe : Pourquoi les « cerveaux » s’enfuient-ils de Madagascar ?

Le danger de l’exode rural

La politique d’aménagement du territoire n’existe pas encore dans la Grande Ile. En résulte une faible redistribution de l’occupation du territoire, ce qui accroît le surpeuplement des zones d’activités économiques. Les flux migratoires se concentrent dans les villes, particulièrement les chefs-lieux des provinces, accentuant ainsi la prolifération des bidonvilles. D’ailleurs, selon une étude de 2011 menée par l’agence Habitat des Nations unies, 72 % de Malgaches vivraient dans des bidonvilles. Un chiffre continuellement en hausse en raison de l’intensification de l’exode rural qui rend hasardeuses les perspectives de développement.

Si aujourd’hui, il est bien difficile d’avoir des chiffres précis sur les « bidonvillois », il est encore plus délicat d’apporter des projections assurées. Ce qui est certain, c’est que ces bidonvilles seront amenés à croître, tant en proportion du total de la population urbaine qu’en volume. Antananarivo, particulièrement, fait l’objet de toutes les craintes et les interrogations quant à sa capacité de gestion et résorption de ces « bidonvillois » qui, auparavant composées d’anciens ruraux, sont actuellement des jeunes nés dans les bidonvilles. On y note une forte activité économique, mais principalement dans les secteurs informels et illégaux.

Un chômage grandissant et un manque criant d’infrastructure

L’explosion démographique est par ailleurs l’une des principales causes du chômage à Madagascar, surtout auprès des jeunes. Pour pallier ce problème, le pays devrait créer des millions d’emplois supplémentaires durant les 20 prochaines années. Or, au regard du contexte économique actuel, Madagascar est loin d’atteindre cet objectif. La croissance de la population ne se fait pas au même rythme que la création d’emplois, ce qui oblige certains Malgaches à se livrer dans l’informel, voire dans les mauvaises mœurs, pour survivre.

De même, la croissance démographique devance la construction des infrastructures. On note ainsi un manque d’installations sociales comme les routes, les écoles et les centres de santé. L’électrification, l’approvisionnement et l’accès au service de salubrité deviennent alors un luxe.

Article connexe : Madagascar, un pays emprisonné par la malédiction des ressources !

Catastrophes écologiques et problèmes de nutrition

Une population nombreuse est préjudiciable pour l’environnement, ce qui déséquilibre les écosystèmes. Les conséquences sont catastrophiques sur l’écologie : déforestations, désertification, pollution, sécheresse, érosion, diminution des réserves d’eau douce, déclin des rendements agricoles

Croissance démographique à Madagascar : Solutions ?

Cette explosion démographique est loin d’être bénéfique pour Madagascar. Il faudra donc mettre en place des solutions à courts et à longs terme pour endiguer les problèmes futurs.

Première priorité, renforcer les programmes de planification familiale visant, au moins, l’espacement des naissances.

Deuxième, combattre la bidonvillisation extrême des grandes villes en investissant et en créant des emplois dans les zones rurales. L’électrification en milieu rural est, par exemple, une nécessité (15 % des Malgaches ont seulement accès à l’électricité).

Autre ambition : l’investissement dans les secteurs liés de près ou de loin à la jeunesse malgache qui constitue deux tiers de la population : éducation, emplois, santé, logements, infrastructures…, et ce, afin de tirer des bénéfices de ce dividende démographique.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *