Pourquoi les « cerveaux » s’enfuient-ils de Madagascar ?3 minutes de lecture

Pourquoi les « cerveaux » s’enfuient-ils de Madagascar ?

Fuite de cerveaux malgaches : l’herbe est-elle plus verte ailleurs ? De plus en plus de Malgaches diplômés de l’enseignement supérieur « désertent » la Grande Ile pour s’installer en Europe où conditions de vie et rémunérations sont plus attractives.  

Et c’est le même constat dans tout le continent africain. D’après l’Organisation internationale pour les migrations, parmi les Africains qui s’en vont vers le vieux continent, 20 000 bénéficient de compétences en matière d’éducation et de santé : des secteurs qui sont pourtant à la traîne dans le continent noir.

Selon la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED), les pays africains dépensent chaque année près de 3,5 milliards d’euros pour payer les experts étrangers qui offrent leurs expertises pour soigner l’hémorragie des cerveaux africains.

Fuite des cerveaux malgaches : levons le voile sur les causes !

La première cause résulte de la stratégie politique adoptée par les gouvernements malgaches qui se sont succédé inaptes à organiser leur croissance économique à partir des ressources humaines dont ils bénéficient.

Car, lorsque des « cerveaux » malgaches quittent le bateau, ce sont autant de spécialistes internationaux qui sont enrôlés par le gouvernement pour réaliser le même travail, mais avec des rémunérations astronomiques.  

La deuxième cause découle de la première : si les Malgaches qualifiés émigrent en masse pour des raisons économiques (qui est on ne peut plus justifiable), on peut émettre des doutes sur le caractère patriote des Malgaches.

Si nos jeunes diplômés cherchent à s’envoler vers des pays comme la France, l’Allemagne ou le Canada, c’est parce que les contextes économiques et politiques à Madagascar se sont tellement détériorés que les jeunes générations sont désespérées. Sans évoquer le fait que les parents malgaches (élites ou pas) font des pieds et des mains pour avoir une chance d’envoyer leurs enfants hors de Madagascar.

D’autre part, le pays ne forme que des futurs chômeurs étant donné que la création d’emplois est inexistante. Chaque année, les universités malgaches jettent en pâture des milliers de diplômés qui ont de faibles chances de trouver du travail.

La possibilité de voir Madagascar gravir les échelons par la seule volonté de ses ressortissants est mince, pour ne pas dire impossible.

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Les conséquences d’un tel exode

En immigrant, ces jeunes talents offrent leur expertise et leur acquis au service de sociétés étrangères qui prospèrent et tirent l’économie vers le haut. En même temps, Madagascar déplore ce déficit et agonise en l’absence de ses cerveaux.

Les impacts d’une telle situation pour Madagascar sont catastrophiques :

  • Perte d’expertise
  • Manque d’idées novatrices
  • Insuffisance de ressources humaines qualifiées dans des secteurs clés comme l’éducation et la santé
  • Réduction du nombre de travailleurs qualifiés
  • Déclin de la compétitivité des entreprises
  • Perte d’attractivité en matière d’investissement
  • Régression dans le classement « Doing business »

Fuite de cerveaux à Madagascar : le mot de la fin

Cette fuite de cerveaux participe définitivement à creuser notre tombe. Parmi les ressources que dispose la Grande Ile, les ressources humaines sont les plus importantes. La perte de jeunes talents malgaches présente une incidence funeste pour le développement économique.

Ne vaudrait-il pas mieux tirer les enseignements du passé afin d’inverser la tendance en transformant cette ressource humaine émérite en un terreau fertile de développement ? Ne serait-ce pas plus profitable d’encourager ces talents financièrement que de faire appel à des experts internationaux qui coûtent un bras ?

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One Comment on “Pourquoi les « cerveaux » s’enfuient-ils de Madagascar ?”

  1. Malgache ayant moi même vécu plusieurs années en France : études et travail, pratique sportive en compétition, je suis revenu à Madagascar pour aider la famille. Je pense que c’est très formateur aux jeunes de sortir du cocon familial pour aller se confronter à des peuples étrangers : ouverture d’esprit, expérience de vie, esprit critique plus développé par l’analyse comparative entre le fonctionnement socioéconomique de sa patrie et celle de pays étrangers plus développées économiquement. La finalité n’est pas de résider définitivement à l’étranger mais d’acquérrir un maximum de bagages intellectuels et techniques grâce aux études, travail et même la pratique sportive dans ces pays étrangers, et non des moindres d’accumuler un maximum de capital financier. J’ai échoué surtout sur ce dernier point, je souhaite que ceux qui me lisent, eux réussiront. Toutes ces connaissances, compétences acquises, ressources financières accumulées devraient ensuite être réinvesties pour le développement de Madagascar. C’est la tâche que tout individu jouant un rôle éducateur, tels que parents auprès de leurs enfants ou enseignants auprès de ses élèves, devraient inciter aux jeunes : avoir cet esprit patriotique, cet esprit « samourai » (=se dévouer, en japonais). Pour les malgaches qui n’ont pas eu l’occasion d’aller vivre en France, il faut que vous compreniez que mentalement même si on peut avoir des revenus bien supérieurs à la vie menée à madagascar là bas, on fait face régulièrement à des attitudes racistes. Psychologiquement, c’est dur, surtout lorsqu’on est seul. C’est pouquoi aussi j’invite les Malgaches restés au pays à savoir accueillir à bras ouvert et le coeur sur la main les compatriotes ayant décidé de revenir pour oeuvrer au développement du pays. Il faut élargir son esprit et son coeur, pour vaincre cet état d’esprit faible qui est la jalousie envers un compatriote ayant eu la chance de se former à l’étranger car cela réduit les liens de fraternité et c’est un frein terrible au développement du pays. Nous avons besoin que nos jeunes aillent se développer à l’étranger. L’enseignement universitaire, du moins dans mon domaine (faculté de sport) est de haute qualité là bas, en France. Pourtant nous avons besoin aussi que ces jeunes devenus adultes, plus compétents et aguerris, reviennent oeuvrer au pays, et échanger leur savoir faire avec ceux qui sont restés ou n’ont pas eu la possibilité de se former à l’étranger.

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