Inondation à Antananarivo : la faute aux Tananariviens !4 minutes de lecture

Inondations à Antananarivo : la faute aux Tananariviens !Inondations à Antananarivo : la faute aux Tananariviens !

L’année 2020 débute sous le signe des catastrophes climatiques à Antananarivo, mais aussi dans les autres régions de Madagascar.

Il faut savoir que les mois de décembre, de janvier et de février sont, depuis toujours, synonymes de supplice pour les habitants de la capitale. C’est la période durant laquelle les pluies sont les plus intenses, les inondations à répétition envahissent les bas quartiers et bloquent la circulation dans toute la ville.

Classées « ennemi public numéro 1 » dans cette ville de 2,6 millions d’habitants (700 000 sont situés dans des zones inondables), ces inondations sont avant tout une catastrophe provoquée par l’homme.

Inondations à Antananarivo : la faute aux Tananariviens !
Besarety : 30 minutes après la pluie

« On ne peut rien faire à part regarder l’eau inonder notre maison », soupire Jeanine, une habitante de Besarety. Aujourd’hui, toutes les affaires personnelles de cette famille modeste sont placées sur les chaises et les armoires. « Le pire, ce sont les ordures », raconte cette dame de 47 ans. « Lorsque le niveau d’eau baisse, on doit passer des heures pour désencrasser les déchets cumulés dans la maison et la cour. »

Phénomène désolant à Antananarivo, les bas quartiers (Isotry, Andranomanalina, Manarintsoa, Ambodivona…) sont inondés par l’eau à chaque épisode pluvieux. La situation est d’autant plus critique que l’on s’attend à une fréquence élevée des averses, due aux saisons des cyclones.

Antananarivo : une ville « emprisonnée » dans un bassin géant

Antananarivo est une ville en proie aux inondations, pour une raison bien simple : la cité des Milles est bâtie sur la plaine de Betsimitatatra, un paysage de rizières irriguées par le Laniera et l’Ikopa, entourée de collines. La capitale est dans une sorte de cuvette dans laquelle l’eau a du mal à être évacuée. Lors des fortes pluies, l’eau dévale les collines et vient se déverser rapidement dans la ville, causant l’inondation des bas quartiers.

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Canaux engorgés et non dragués

Les inondations sont principalement un phénomène créé par les Tananariviens. L’urbanisation frénétique, due à l’accroissement exponentiel de la population, est le responsable numéro 1 puisque l’eau ne peut être absorbée par les systèmes d’évacuation suffisamment rapidement.

Durant son aménagement en 1930, la ville avait été dessinée pour pouvoir faire face aux fortes pluies. Le plan d’urbanisme de l’époque était conçu pour seulement 400 000 habitants. Le système de canaux chargés d’évacuer les eaux, à cause de la surpopulation et après des décennies de mauvais entretien, s’est grippé.

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L’incivilité des Tananariviens ne fait qu’aggraver la situation

Hier, à Besarety, mais aussi à Analakely, Andravoahangy et à Ambatomainty, une heure après l’arrêt de l’averse, les rues baignaient toujours dans l’eau. Les canaux, quant à eux, sont gorgés de déchets qui flottent le long des maisons. Plus de la moitié des détritus sont en plastiques et bouchent les systèmes d’évacuation, entravant ainsi leur bon fonctionnement et provoquant les inondations.

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L’éducation de la population : le seul moyen pour venir à bout des inondations

La lutte contre les inondations requiert une éducation rigoureuse, voire dratisque, de la population, que ce soit du côté de la gestion des déchets ou en matière d’utilisation des ressources en eau. Et surtout, elle nécessite une politique volontariste, que le futur maire de la capitale devrait mettre en place.

Pour conclure, il existe certaines dispositions, plus ou moins élémentaires, à prendre pour résoudre les problèmes d’inondations à Antananarivo :

  • Éduquer la population à ne pas jeter leur détritus dans la rue ou dans les canaux d’évacuation.
  • Instruire la population à utiliser les bacs à ordures
  • Rénover et augmenter les réseaux d’évacuation des eaux usées et des eaux de pluie
  • Limiter les remblais et les nouvelles constructions
  • Mettre en place un plan d’urbanisme adapté à la réalité démographique actuelle
  • Interdire l’usage du plastique (cette dernière mesure semble difficile à mettre en place, mais elle est déjà prise dans certains pays occidentaux)

Une dernière image avant de nous quitter !

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