Interview Hery Rajaonarimampianina

Interview de Paris Match : le président Hery Rajaonarimampianina répond aux accusations

Que retenir de l’interview de Hery Rajaonarimampianina par Paris Match ? L’actuel président de Madagascar n’aura jamais autant occupé l’espace médiatique depuis la crise du 21 avril 2018. Après une interview accordée à RFI, le locataire d’Iavoloha a répondu le samedi 19 mai aux questions d’un reporter de Paris Match.

Contrairement à ses prédécesseurs qui avaient choisi de cultiver la rareté de leurs interventions, Hery Rajaonarimampianina a choisi l’omniprésence médiatique. D’ailleurs, le chef de l’État a récemment multiplié les apparitions télévisées, mais pas seulement. Après une interview exclusive accordée à RFI, le président a invité le samedi 19 mai, un reporter du journal Paris Match pour répondre à ses questions.

Hery Rajaonarimampianina veut reconquérir le cœur des Malagasy

La prise de parole de l’actuel locataire d’Iavoloha trouve sa justification au regard de ce contexte social des plus tendus : les lois controversées de la constitution, la colère du peuple, l’accroissement de l’insécurité et de la pauvreté, et, depuis le mois dernier, celle des répressions meurtrières du 21 avril 2018. Les fronts sociaux se multiplient de manière exponentielle, sans que l’on puisse les délimiter pour l’instant. Bref, la mouvance HVM traverse aujourd’hui une crise.

D’où cette succession d’apparition médiatique pour reconquérir le cœur des Malagasy. Mais à trop parler, ne risque-t-on pas de lasser ?

Voici un extrait de l’interview qu’il a accordé à Paris Match :

Paris Match : La nouvelle loi électorale votée fin avril a déclenché la colère de l’opposition, le comprenez-vous ?

Hery Rajaonarimampianina : Non, d’autant plus que ces lois sont le résultat d’un processus inclusif. En 2016, tout le monde a été invité à participer à des ateliers.

Paris Match : La répression des manifestations de l’opposition a causé 2 morts et 17 blessés. Avez-vous des avancées sur la commission sensée enquêtée sur ces victimes ?

Hery Rajaonarimampianina : Il n’y a pas eu de répression ! Nous avions eu des informations sur l’usage de violence par les manifestants. Regarder les gros cailloux, ce n’était pas fortuit. Les vidéos montrent bien que l’origine d’un des deux décès ne vient pas des forces armées. Il y avait une volonté de créer un bain de sang, mais les militaires n’ont JAMAIS, JAMAIS reçu aucune instruction de tirer.

Paris Match : L’opposition a formulé une requête de déchéance du Président de la République auprès de la HCC qui l’a jugée recevable. Vous avez présenté hier votre mémorandum de défense. La HCC a maintenant quinze jours pour statuer. Quels sont vos pronostics ?

Hery Rajaonarimampianina : Pas de pronostics. Mais je suis confiant par rapport au mémoire en défense que j’ai présenté. Sur le plan purement juridique, il ne devrait y avoir rien à craindre, car les motifs sont infondés. Je ne peux pas me substituer à la HCC, mais cela devrait être irrecevable. Je reste confiant par rapport à la responsabilité de la HCC.

Paris Match : Comment espérez-vous convaincre les Malgaches qui subissent un niveau de pauvreté toujours croissant et en même temps de l’augmentation des prix du riz et de l’essence ?

Hery Rajaonarimampianina : Quand je suis arrivé le 25 janvier 2014, le pays était sanctionné de partout sur le plan économique, financier, diplomatique. Nous étions isolés du monde entier. Au moment où on avait le plus besoin de financement, nos moyens étaient limités. Je suis le seul président en 50 ans ayant hérité d’une telle situation. Selon les bailleurs de fonds, le taux d’extrême pauvreté était alors de 92%. Aujourd’hui, il est réduit à 70%. Des efforts ont été engagés depuis. Quant à l’inflation, le taux était pendant mon mandat de 6 à 7%. Entre 2002 et 2009, il était supérieur à 9% ! Le prix du carburant est la conséquence de l’augmentation du prix du baril. Nous avons choisi la politique de vérité des prix, mais avec des mesures d’accompagnement par des subventions pour les transports publics. On vit ce que vivent tous les pays qui ne produisent pas de pétrole.

Paris Match : Pourtant, un film circule sur internet, montrant votre Premier ministre livrant de l’argent en liquide pour convaincre un député de l’opposition de voter la loi électorale.

Hery Rajaonarimampianina : Une vidéo semblable qui a été montrée récemment et qui date de 2015. Elle montre des députés dans une chambre se donnant de l’argent. C’était au moment où l’on engageait une procédure de destitution contre moi et les corrupteurs étaient ceux qui m’accusent aujourd’hui de corruption !

Paris Match : Votre Premier ministre n’a-t-il pas été piégé par une caméra ?

Hery Rajaonarimampianina : Je n’ai rien vu de tel. Rien qui montre des échanges d’argent.

Vous pourrez lire l’intégralité de cette interview sur le site de Paris Match.

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