Avec 200 décès en 2 mois, les records macabres s’enchaînent à Madagascar3 minutes de lecture

Avec 200 décès en 2 mois, les records macabres s’enchaînent à Madagascar

Avec plus de 200 morts ces 2 derniers mois, Madagascar a connu sa période la plus meurtrière depuis le début de la pandémie de Covid-19. Dans la capitale, les hôpitaux sont au bord de la rupture et les malades priés de rester à domicile.

La situation sanitaire n’a jamais été aussi catastrophique dans la Grande Ile. Le pays vient de franchir la barre des 500 morts depuis le début de la crise sanitaire. Cette déroute révèle le manque d’infrastructure, de personnel et de matériel. Le personnel médical n’arrive plus à répondre aux urgences. Les patients attendent des heures avant que leur perfusion soit changée. L’urgence est partout !

Les fabricants de cercueils sont désormais « surbookés » pour faire face à l’augmentation du nombre de décès.

Les hôpitaux saturés

« Nous sommes au pire moment, avec des records de morts et de contaminations, ce qui laisse présager que les mois souvent seront encore catastrophiques », a souligné un docteur malgache sur sa page Facebook.

Les hôpitaux de la capitale sont quasi saturés. Le taux d’occupation des lits à travers la capitale atteint désormais un niveau critique. Dans plusieurs centres de traitement, le personnel soignant est déjà contraint à faire le tri des patients. Ainsi, les malades sont obligés de rentrer bredouilles lorsqu’ils se présentent devant les hôpitaux. Les lits se libèrent quand l’occupant précédent succombe ou quitte les lieux guéris. Pourtant, plus de 200 cas de forme grave ont été recensés ces derniers jours et la situation n’est pas près de s’améliorer.

Un personnel de santé débordé et épuisé

Face à des conditions de travail de plus en plus difficile, de nombreux membres du personnel soignant se disent au bout du rouleau, particulièrement les sages-femmes, les infirmiers et les ambulanciers.

Selon les explications Jerisoa Ralibera, infirmier et président du syndicat des paramédicaux, au micro de RFI « L’ensemble du personnel travaille au-dessus de 40 heures par semaine, plus de 60, 70, même 90 heures par semaine, ce qui nous rend vulnérables au virus. » Et de continuer « Dès qu’un centre de traitement du Covid-19 est ouvert, le lendemain même, tous les lits sont occupés. Je n’ai pas les mots pour qualifier notre désespoir, notre fatigue. On se sent délaissés et même vaincus par le Covid. »

Face au contexte actuel, le syndicat demande à l’État d’accorder un budget supplémentaire pour la Santé qui permettrait au personnel médical « de retrouver de l’énergie » et de fournir « le matériel indispensable dans la lutte contre le coronavirus ». Outre les indemnités de réquisition, les paramédicaux revendiquent actuellement le recrutement massif d’agents de santé auprès du ministère de la Santé.

Confinement ou pas confinement ?

Le système hospitalier est donc débordé. Les patients décèdent dans les couloirs des centres de santé et chez eux, faute de lit. Le nombre de cas de variants explose, mais jusqu’à maintenant le confinement de la capitale n’est pas décrété. Certains Tananariviens relâchent même leurs efforts et abandonnent les gestes barrières.

Pour la énième fois, le gouvernement se trouve face à un choix cornélien au vu de l’évolution de la situation actuelle : « Handroso maty Raibe, hihemotra kosa maty Renibe ». Le confinement est visiblement la seule alternative pour limiter la pandémie.

En attendant, les fabricants de cercueils se retrouvent surchargés par les commandes.

 

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