L’homosexualité est-elle un choix ou une maladie (mentale) ? Les réponses.7 minutes de lecture

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En une génération, le regard sur l’homosexualité a bien changé en occident. Mais bien sûr, c’est loin d’être le cas à Madagascar. Les débats continuels autour de cette orientation sexuelle sur les réseaux sociaux montrent que les Malagasy sont peu tolérants envers les gays. Ce qui nous a donné l’idée de rédiger un article sur le sujet !

Le poids de l’homophobie reste important dans notre culture, comme le montrent les avis de la plupart des Malagasy sur les réseaux sociaux. Les gays ne sont pas persécutés ni discriminés mais pas non plus acceptés. Cet article propose d’abord quelques explications pour mieux comprendre l’homosexualité, car force est de constater que beaucoup de personnes le considèrent encore comme une maladie mentale, voire même un crime.

Avis aux homophobes : Cet article n’a aucunement l’objectif de défendre la cause homosexuelle. Il a été rédigé afin que vous puissiez en savoir plus sur l’homosexualité, et ce, afin de balayer les idées reçues.

Comprendre l’homosexualité

Dans tous ces débats et ces commentaires, il y a certaines questions, remarques et incompréhensions qui reviennent systématiquement à propos de l’homosexualité. Ainsi, pour vous aider à y voir plus clair, nous vous proposons une FAQ spéciale homosexualité !

  • L’homosexualité est-elle un choix ?

Non. Le seul choix que décide un gay ou une lesbienne, c’est de retenir sa pulsion ou de l’assumer en faisant son « coming-out ».

  • L’homosexualité est-elle une déviance causée par la modernité ?

Non. L’histoire a prouvé que l’homosexualité a été présente depuis des lustres dans presque toutes les civilisations (Grèce, Rome, Asie, Égypte…).

  • L’environnement actuel joue-t-il un grand rôle dans la définition de l’orientation sexuelle ?

Non. Il n’existe aucune donnée scientifique qui prouve qu’il existe de nombreux homosexuels dans les pays tolérant l’homosexualité. Le pourcentage d’homosexuel dans la population et le même dans presque tous les pays.

  • Partager sa vie avec un homo ou fréquenter un gay prédispose à l’homosexualité ?

Non. Les statistiques montrent que fréquenter ou partager sa vie (être notamment élevé par des parents homos) avec un gay n’a aucune incidence sur l’orientation sexuelle d’une personne.

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Alors, l’homosexualité est-elle donc naturelle ?

D’après les recherches du biologiste Jacques Balthazart, l’orientation sexuelle d’une personne est déjà décidée au stade ambryonnaire. Il a démontré que la plupart des garçons au stade embryonnaire périnatale connaissent un pic de testostérones à un moment précis qui va déclencher le développement d’un noyau dans le cerveau (situé dans le nerf pré optique). Les femelles n’ont pas ce pic de testostérone, leur noyau ne se développe pas. Les mâles avec leur grand noyau seront uniquement attirés uniquement par les hormones femelles. Et ces dernières avec leur petit noyau seront attirées par les hormones mâles.

Mais chez certains mâles, ce pic de testostérones n’a pas lieu au moment de la formation du noyau qui ne se développe donc pas. Tous ces mâles seront ainsi attirés par les autres mâles. De la même manière, un pourcentage de femelles connaissent un surplus de testostérones embryonnaires qui va faire gonfler ce noyau du nerf pré optique. Toutes ces femelles seront plus tard attirées par les autres femelles. L’homosexualité est donc une nature.

Pour prouver cette théorie, Jacques Balthazart a effectué des expériences sur des souris. Les scientifiques ont manipulé le taux de testostérones au bon moment de la vie embryonnaire des animaux. Ainsi, ils ont réussi à changer l’orientation sexuelle des souris à leur convenance.

Cette étude démontre donc que notre orientation sexuelle est définie au stade prénatal indépendamment de notre volonté.

Ci-dessous, la vidéo explicative !

 

Une autre vidéo explicative et de sensibilisation faite par le collectif de comédiens « Fo Saina« 

L’homophobie à Madagascar

Avec le développement des NTIC, Madagascar connait depuis quelque temps une forte vague d’homophobie. Elle prévaut dans n’importe quelle région de l’île où cette orientation sexuelle est toujours considérée comme une aberration de la nature, surtout par certains chrétiens [fanatiques et intégristes].

L’homosexualité reste mal acceptée partout dans la Grande Ile. Et Antananarivo, connu pour être la région la plus tolérante, n’échappe pourtant pas à cette règle. À Madagascar, les avis sont presque – presque – tous très négatifs quoiqu’assez disparates. Manque de virilité pour les hommes, maladie mentale, comportement diabolique, passage obligé pour s’enrichir… les stéréotypes sont légion. Pour d’autres, cette orientation sexuelle est un phénomène venu de l’Occident. Ultérieurement, la modernité et le développement des réseaux sociaux défendant la cause homosexuelle auraient corrompu les mentalités à Madagascar.

L’homosexualité est-elle un choix, une maladie ou une maladie mentale ? Ce qu’en pensent les Malagasy et les explications scientifiques

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Homosexualité à Madagascar : ce qu’en pensent les églises

Depuis quelques années, Madagascar, tout comme la plupart des pays de l’Afrique, connait une prolifération sans précédent des églises dites de réveil (sectes). À la fois radicales et strictes, ces églises condamnent au plus haut point l’homosexualité. Le fait que l’amour entre 2 hommes ou 2 femmes soient considérés dans la Bible comme un péché incite ces évangélistes à juger l’homosexualité comme un acte satanique et les personnes homosexuelles comme des « anti-christs ».

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Une législation quasi absente

À côtés des pays qui condamnent les rapports entre personnes de même sexe comme l’Arabie Saoudite, la Tchétchénie ou encore l’Égypte, il y a ceux qui n’en font pas mention dans la législation. Madagascar fait bien sûr partie de cette deuxième catégorie, ce qui peut vite créer une situation ambigüe. Il n’existe aucune loi qui ne réprime les amours entre 2 hommes ou 2 femmes dans le pays. Cette non-reconnaissance a bien sûr de lourdes conséquences puisque certaines personnes n’hésitent même plus à afficher clairement leur homophobie partout, que ce soit dans les médias traditionnels ou les réseaux sociaux.

En dépit de cette hostilité si présente, les associations homosexuelles sont multiples et actives à Madagascar.

Homosexualité à Madagascar : Absence totale de militantisme

À Madagascar, il n’existe aucun mouvement militant. Les mouvements associatifs n’engagent aucun encadrement des homosexuels rejetés par leurs familles. La plupart sont créés dans l’objectif de rassembler les gays dans un cadre amical, c’est-à-dire pour des sorties ou des soirées. Cette absence de militantisme est bien sûr causée par la peur que peut entrainer la haine de la majorité des Malagasy envers les homos. Ainsi, l’État ne considère pas cette communauté. En effet, les gouvernements et même les politiciens qui se sont succédé n’ont jamais pris en compte les personnes attirées par le même sexe dans leurs programmes.

Le « Knou », le langage secret des homosexuels s’identifier et pour se parler

À Madagascar, les homosexuels ont improvisé un argot pour s’identifier et communiquer. Ce langage secret appelé dans le milieu « knou » recourt à des termes codés. Indéchiffrable pour les hétéros et les néophytes, ce jargon est connu par 90 % des homosexuels malgaches. Il a surtout pris de l’ampleur ces 10 dernières années. Les gays de Madagascar ont détourné des mots ou des termes malagasy, français et anglais de leur sens originel pour leur décerner d’autres sens. Par conséquent, ils peuvent communiquer en toute liberté sans être repérés ni éveiller les soupçons.

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2 Comments on “L’homosexualité est-elle un choix ou une maladie (mentale) ? Les réponses.”

  1. Ankoatra ny hoe tsy ampy fanabeazana ny malagasy dia: fanabeazana diso sy sy tsy marim-pototra ihany koa no ampiasaina hitezana azy ireo, aleon’ny malagasy mijanona hatrany ao anaty habadoana toy izay mahalala marina iray mety mifanohitra @ diso izay nitezana azy sy nalentika tao andohany hoe marina, ny fiainana ankehitriny mihitsy anefa no tsy manaiky izany intsony, hany ka mahatsiaro ho tafitohana mafy ireo zatra niaina tao anaty tsy fahalalana kanefa nihevi-tena ho mahalala hatrany eo anatrehan’izao fiainana efa miova be izao

  2. Naturel ou pas, comme vous l’avez si bien écrit, il a le choix entre retenir sa pulsion et l’assumer, donc c’est son choix personnel, à lui d’assumer.

    Cette homophobie est un des rares trucs qui me rend encore fier d’être malgache, vivement que ça ne change pas.

    Que ceux qui ne sont pas contents déménagent vers les pays où les gays sont reconnus.

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