« Inona aky no idirako ? » La vie des autres ne nous regarde pas4 minutes de lecture

« Inona aky no idirako ? » La vie des autres ne nous regarde pas

Une petite parenthèse « psycho » sur Mada-actus.info. « Miditra amin’ny fiainan’ny olona » ou se mêler de la vie des autres, un exercice que de plus en plus de Malgaches aiment pratiquer, surtout ceux qui se disent « mpivavaka ». Quand un tel ou une telle fait quelque chose qui ne rentre pas dans le « standard », ils se transforment en juges moralisateurs et donneurs de leçons, parfois en proférant insultes, menaces et toute sorte de grossièreté. Mais en fait, ce que les autres font, disent et pensent… c’est leur affaire, pas la nôtre. « Inona aky no idirako ? ».

Les réseaux sociaux : une tribune qui facilite le jugement des autres

La chanson « Drako hely » est sortie et voilà que les facebookers malgaches se lâchent sur Rijade. D-Lain se marie et sort après un clip avec Zatia Rocher, et les jugements pleuvent. Un présumé voleur subit un lynchage populaire et tout le monde approuve en le jugeant coupable.

Avec les réseaux sociaux et notamment Facebook, les Malgaches ont désormais une tribune libre où chacun peut s’exprimer sur tout. Oui, sur tout et parfois sans filtres. Tout le monde est devenu expert et juge en tout : expert en bonne conduite, expert en religion, expert moralisateur… Il est plus facile pour chacun de critiquer – ou juger – les autres, sur ce qui est en contradiction avec les éducations (ou normes) reçues de la famille, des enseignants et de la religion.

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« Inona aky no idirako ? » Pourquoi les gens se mêlent de la vie des autres ?

Les personnes qui mettent leur nez dans la vie des autres ont quelques points communs :

  • Elles ont un avis sur tout. « Ils ne doivent pas faire ceci », « elle doit s’habiller autrement », « ils peuvent éduquer leurs enfants autrement »… Ce sont des personnes « je sais tout» et ont donc leur point de vue. Ce que ces personnes ont oublié : nous ne sommes pas les autres, et les autres ont fait leur propre choix, qui ne nous regarde pas.
  • Elles ont une opinion sur tout. Ces personnes ont peut-être du temps à revendre ou n’ont pas d’autres préoccupations dans la vie, mais elles arrivent à avoir une opinion sur tout. Elles ne se contentent pas d’en avoir et de la garder pour elles, mais elles veulent que tout le monde le sache. Heureusement ou malheureusement, les réseaux sociaux les aident beaucoup. Il ne faut pas oublier que quand on n’a pas demandé notre avis, il vaut mieux se taire. On ne se mêle pas de ce qui ne nous regarde pas. D’où l’expression en vogue en ce moment « inona aky no idirako ?».
  • Elles veulent cherchent changer les autres à leur image. Ces personnes qui passent leur temps à juger les autres veulent à ce que tout suive leur norme. Elles veulent que tout le monde pense, se comporte, ait un mode de vie comme elles. Elles ont du mal à accepter le concept que chacun peut être différent. Par exemple, ces Malgaches, surtout les « mpivavaka », ne peuvent pas admettre que certains de leurs concitoyens ont une autre culture, d’autres croyances, un autre courant de pensée… Pensons à laisser les gens être eux-mêmes. La diversité est une richesse !
  • Et surtout, ce sont des personnes frustrées qui détestent une grande partie de leur vie. Elles ne sont pas satisfaites de ce qu’elles vivent, de ce qu’elles ont. Parfois même, elles jalousent la vie des personnes qu’elles jugent. Et quand la frustration conduit à l’agressivité… nous avons le jugement parfois aveugle.

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Gaspillons notre temps et notre énergie pour notre propre personne

Si vous faites partie de ces donneurs de leçons, critiqueurs et rabat-joie, savez-vous que cette énergie que vous dépensez à vous mêler de la vie des autres peut être utilisée à votre propre bien ? Vous pouvez l’utiliser pour vous concentrer sur votre propre vie et vos projets, si au moins vous en avez.

Vous devez aussi savoir que pour forger votre opinion, vous n’avez pas tous les éléments. Il existe des faits que vous ne connaissez pas. Il existe une facette des vies des personnes que vous jugez que vous ne connaissez pas. Comme l’évoque cette citation : « juger, c’est évidemment ne pas comprendre, puisque si l’on comprenait, on ne pourrait plus juger ».

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