Madagascar, le pays des machos ?4 minutes de lecture

Madagascar, le pays des machos ?

L’image standardisée de la femme malagasy parfaite est la suivante : elle doit être séduisante pour l’homme, mais se comporter pudiquement en public. Dans la vie, son objectif principal est de se marier et d’avoir des enfants. Bien sûr, ici, on n’interdit pas à une femme de faire des études supérieures ou de conduire une belle voiture, mais dans les faits, les femmes sont toujours loin de l’égalité à Madagascar.

La place des femmes dans la société malagasy

La société malagasy demeure une société où règne le machisme, comme cela est d’ailleurs le cas dans de nombreux pays d’Afrique.

Les « filles d’Ève » sont dans la plupart des cas marginalisées dans notre pays, ce qui leur fait penser qu’elles sont inférieures aux hommes. Cette approche machiste dicte à la femme sa place dans la maison (faire la cuisine, s’occuper des enfants, effectuer les tâches ménagères…) et celle de l’homme au bureau.

90 % des femmes malagasy réalisent plus de 6 heures de tâches ménagères non rémunérées chaque jour. Une femme qui reste à la maison reste donc très dépendante financièrement de son homme.

Et pourtant, il ne devrait pas y avoir de place précise ni pour l’homme ni pour la femme. En effet, chacun devrait s’émanciper à sa façon. Malheureusement, la mentalité machiste, encore très présente à Madagascar, porte atteinte à l’émancipation de la femme malagasy.

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Perception de la femme à Madagascar

À la différence de certains pays, Madagascar est considéré comme une société matriarcale du point de vue culturel. En effet, notre pays lui-même est considéré comme la mère de tous les Malagasy. Du temps de la royauté, les femmes malagasy ont joué un rôle considérable dans l’histoire de Madagascar. Ranavalona I, II, et III, Ravahiny, Tsiresy, Tsiomeko… voilà autant de reines qui ont été bien connues pour leur caractère bien trempé et leur charisme. Mais voilà : des événements comme le retour de l’indépendance et la venue de la république ont éloigné peu à peu les femmes du pouvoir.

Aujourd’hui, le féminisme évolue lentement bien que les droits essentiels comme le vote et l’égalité sont obtenus.

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Scolarisation des filles : Le pays a connu de bons avancements en matière de scolarisation des filles. Presque 100 % des écoles publiques à Madagascar instaurent de vrais politiques d’égalité, avec un ratio fille/garçon de 1,05. Mais voilà : les filles quittent généralement l’école au fur et à mesure qu’on monte de niveau. Le ratio descend donc à 0,80 au second cycle. Et pour cause, les parents choisissent de privilégier l’avenir des garçons, futurs piliers de la famille.

Les règles de l’héritage : Dans notre pays, l’épouse et les enfants de sexe féminin n’ont pas le droit d’hériter. Une veuve, par exemple, est placée au 7e rang dans l’ordre de succession de son défunt mari. Les biens hérités des aïeux reviennent aux enfants de sexe masculin.

Violence faite aux femmes : Près de 70 % des femmes malgaches subissent aujourd’hui des maltraitances physiques et sexuelles. Et bien que ces actes compromettent la santé, la dignité et la sécurité, ils sont encore entourés d’une culture du silence. En effet, 65 % de ces femmes choisissent de voiler ces agressions parce qu’elles sont financièrement dépendantes de leurs maris (comme évoqué précédemment).

Des discours politiques qui font rêver : Depuis quelques années, de nombreux politiciens ont acclamé haut et fort qu’ils étaient en faveur de l’émancipation des femmes. Cependant, entre les discours de ces politiciens menteurs pour nourrir le rêve et les actions tangibles, il y a un grand fossé qui persiste.

Madagascar, malade de son machisme ?

Le quotidien d’une femme à Madagascar est assez difficile en général. Depuis l’indépendance, le pays est devenu machiste. Les femmes n’ont pas les mêmes privilèges que les hommes. La maternité et le mariage constituent encore pour elle la seule solution pour obtenir un bon statut, échapper de la pauvreté et surtout éviter le « qu’en-dira-t-on ».

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