Les Malgaches et leurs préjugés sur les personnes portant des dreadlocks4 minutes de lecture

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L’on sait tous, les Malgaches aiment bien juger les autres, surtout ceux qui n’entrent pas dans les moules de la société et surtout de la religion. Les personnes qui portent des dreadlocks, comme celles qui ont des cheveux « afro », sont parmi les victimes de préjugés, parfois même mis au ban de la société, à cause de leur différence. 

Certaines personnes considèrent que par leur coiffure, les gens lockés ne méritent pas autant de respect que les autres. Il est temps d’avancer et d’en finir avec ces préjugés qu’ont les Malgaches sur les personnes à dreadlocks.

Stop aux préjugés et à l’incompréhension

Les préjugés sont tenaces, surtout quand ils viennent d’une population pauvre mentalement, quelque peu endoctrinée et réfractaire à toute tentative d’ouverture aux autres. Pourtant, stop !

Dans les rues, rien qu’à Antananarivo, les personnes portant des dreadlocks sont nombreuses. Phénomène de mode ou non, c’est une nouvelle vague de style capillaire qui commence à se démarquer.

gasy dreadlocks
Crédit photo : Dreadmaker Mada

Les dreadlocks ne sont pas sales

Selon certains, les dreads sont considérés comme des amas de cheveux emmêlés et laissés à l’abandon. Et encore, dreadlocks et propreté sont diamétralement incompatibles.

Pourtant, on peut avoir des dreads et avoir une bonne hygiène de vie. La saleté est même l’ennemi principal des dreadlocks qui doivent être lavés régulièrement. Comme tout style de coiffure, la propreté est de rigueur pour la santé des cheveux.

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Les personnes à dreadlocks ne sont pas des négligées

D’après les préjugés de la société, les personnes qui portent des dreadlocks sont négligées, peu soigneuses. Les dreads font trop décontractés et ne sont pas adaptés au monde professionnel. Par exemple, il n’est pas convenable de les porter en entreprise. Les sociétés dans le domaine de l’art et la coiffure font toutefois exception à ce constat. Ils sont aussi vus d’un mauvais œil dans les églises chrétiennes, des lieux censés être ouverts à tous.

En réalité, les dreadlocks sont loin d’être un style de coiffure négligée. Savez-vous que les locks demandent un certain soin ? À part les laver régulièrement, ils requièrent par exemple des bains d’huile systématiques pour être en bonne santé. D’ailleurs, généralement, une personne locksée a une grande personnalité. Pour porter une telle coiffure en effet, et ce dans une société plus encline à la standardisation, il faut être une forte tête. Ce qui peut être un atout pour une entreprise.

De plus, on peut donner une meilleure allure aux dreadlocks pour pouvoir mieux les porter au bureau.

Les dreadlocks et le marijuana

Selon les bienpensants, les personnes locksées fument de la ganja. Toujours selon eux, ce sont de véritables adeptes de la fumette. Des drogués donc. Il s’agit d’un cliché dont l’origine provient du mouvement rasta. Or, il y a une différence entre la culture rastafari et la coiffure « dreadlocks ». On peut être locksé sans pour autant suivre la mouvement rastafari.  

C’est sans doute le cliché le plus farfelu qu’ont les Malgaches. Les dreadlocksés ne sont pas forcément des fumeurs de chanvre. Il existe une pléthore de fumeurs de cannabis qui ne sont pas lockés.

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Crédit photo : Dreadmaker Mada

Les gens locksés ne sont pas des délinquants

Certains martèlent que les gens à dreadlocks sont des gangsters ou des délinquants. C’est un cliché qui a la vie dure à Madagascar et dans d’autres pays africains. D’où cette méfiance qui perdure.

Certes, l’image véhiculée par le mouvement hip-hop qui associe les gangs et les dreads a marqué la société depuis des décennies. Il ne s’agit que d’un cliché. En effet, comme on dit : « l’habit de fait pas le moine ». Il est illogique d’associer les dreadlocks au banditisme. Il peut exister des bandits à dreadlocks comme il existe des voleurs à col blanc… ou en soutane ou encore en robe pastorale.

Dans une société conservatrice et renfermée comme à Madagascar, les préjugés ont la vie dure. Heureusement qu’avec les nouvelles technologies et les réseaux sociaux, les mentalités sont en train de changer petit à petit. De plus, la jeunesse est plus ouverte aux cultures des autres. C’est pour cela qu’on voit de plus en plus de jeunes lockés en société. Ils choisissent cette coiffure, non pas forcément pour adhérer à la culture rastafari, mais purement pour l’esthétisme, pour se démarquer, pour affirmer leur personnalité. Alors, arrêtons les préjugés et ouvrons notre esprit.

One Comment on “Les Malgaches et leurs préjugés sur les personnes portant des dreadlocks”

  1. Bonjour, super idée cet article ! Je pense que c’est valable pour toutes les coupes de cheveux :). Petite précision néanmoins à apporter, je ne pense pas que ça soit une mode. J’ai presque 33 ans et j’ai toujours vu autant de personnes avec des dreads ici (j’ai grandi ici), un phénomène de mode est par définition temporaire, je pense que c’est un style au même titre que les hipsters, bobo ou autre :). Il y a une notion de temporalité dans le terme « phénomène de mode » qui à mon avis n’est pas à prendre en compte pour les dreads. Ceci dit, j’ai remarqué depuis quelque temps que dans sur YouTube (surtout sur les chaines anglo-saxonnes), il y a de plus en plus de vidéos de gens qui se filment en train de couper leurs dreads, car elles ne correspondent plus à leur étant d’esprit actuel.

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