La pauvre mentalité de la diaspora malagasy, selon Koto Lilahimahitsoambo7 minutes de lecture

La pauvre mentalité de la diaspora malagasy, selon Koto Lilahimahitsoambo

DIASPORA MALGACHE – Vous l’aurez sans doute remarqué à la lecture de la plupart de nos articles, nous y faisons souvent l’éloge de Madagascar. Notre démarche n’est pas cependant dictée par la pensée « notre pays est le plus beau du monde, vive Madagascar ! ». Elle tente seulement de présenter ce que nous considérons comme étant le meilleur de notre patrie et surtout de ses habitants. Bref, tout ça pour dire qu’il n’y a pas de meilleur avocat de Madagascar et des Malgaches que notre magazine d’actualité. En effet, nous aussi nous sommes chauvinistes !

Mais voilà, notre rôle ne se cantonne pas qu’à la promotion de Madagascar. Nos articles ont également pour vocation de sensibiliser et de faire prendre conscience sur ce qu’il faut changer dans notre pays et sur notre manière de penser.

Le 14 mai 2019, nous avons rédigé un article, intitulé « la pauvre mentalité malgache », qui a fait parler de lui. Aujourd’hui, nous allons nous intéresser plus particulièrement aux Malgaches d’« andafy », c’est-à-dire la diaspora. Ces compatriotes qui se sont installés à l’étranger en quête d’aventure et d’une autre mode de vie.

À première vue, les expatriés ou immigrés malgaches peuvent sembler très ouverts sur le monde. Ils vivent en France, aux États-Unis, en Suisse, au Maghreb, à la Réunion… Ils vivent dans des pays développés, connaissent la mondialisation et découvrent plein de « choses » dont nous ne connaissons même pas l’existence à Madagascar.

Mais alors, qu’en est-il de leur mentalité ? Est-ce qu’ils sont encore pourvus de cette mentalité bien caractéristique des Malgaches ? Leur façon de vivre et de voir les choses se sont-elles évoluées ? Se sont-ils vraiment occidentalisés ? En réalité, ce serait loin d’être le cas.

Et c’est ce que sous-entend cet expatrié malgache du nom de Koto Lilahimahitsoambo.

Vous découvrirez plus bas son témoignage poignant !

Discrimination entre malgaches à l’étranger

Selon Koto Lilahimahitsoambo, il existe une cohésion culturelle très limitée entre les Malgaches en France, tout comme ceux installés dans les autres pays européens, en particulier entre les Malgaches issus des hautes terres (Merina) et ceux provenant des régions côtières (côtiers).

Malgré une apparente unité (en effet, la plupart d’entre nous pensent que les Malgaches à l’étranger ont développé un esprit de solidarité et d’unité), de nombreux facteurs limitent la cohésion au sein de la diaspora malgache. Outre leur diversité socio-économique et démographique, les « gasy any andafy » présentent des différences culturelles significatives telles que les traditions héritées de leurs régions d’origine et des différences structurelles à l’instar du niveau d’éducation.

Tout comme à Madagascar, les Malgaches à l’étranger font face au phénomène de séparatisme social, qui repose principalement sur les critères physiques (particulièrement la couleur de peau), mais aussi le statut migratoire et le nombre d’années vécues au sein de leur terre d’accueil.

La pan-ethnicité des Malgaches en France, en Suisse ou autres pays d’occident présente ainsi de nombreuses vulnérabilités causées par les divisions communautaires et qui constituent un frein à l’unité.

C’est ce qu’explique Koto Lilahimahitsoambo, un expatrié vivant en Suisse, pour qui les Malgaches sont loin de connaitre les valeurs de l’entraide et du fihavanana.

Ci-dessous son témoignage !

L’hypocrisie, la médisance, l’égoïsme et les « fosafosa » : le quotidien de la diaspora malgache

Dans sa vidéo, Monsieur Koto Lilahimahitsoambo parle également de l’hypocrisie légendaire des Malgaches. La galerie des péchés qu’il évoque dans ses propos laisse songeur : les malgaches d’ « andafy » sont flatteurs, égoïstes, hypocrites, menteurs et par-dessus tout sont adeptes du commérage (les aficionados de la série Gossip girl se reconnaitront !). Bien sûr, il s’agit là de comportements naturels chez l’être humain, mais selon les dires de notre cher Koto, ces sales caractères sont plus prononcés chez le Malgache.

Article connexe : Le tribalisme, source de violence ethnique à Madagascar !

Tous des ingrats !

« Il n’est rien de pire que de payer d’ingratitude un homme qui nous a comblés de bienfaits. » Disait Victor Cousin. Alors, petite précision, ce ne sont pas seulement les Malgaches d’ « andafy » qui sont des ingrats, ce sont les Malgaches en général.

« Quel ingrat ! » ou bien « Tsisy fankasitrahana mihintsy ! » Combien de fois l’avons-nous dit et entendu ? Cette interjection traduit toute l’amertume de celui ou celle qui attend ce qui ne vient pas. Sortir son ami du pétrin, venir à sa rescousse, lui aider dans son ascension sociale… tout cela devrait induire un minimum d’égards de la part de celui qui en a bénéficié. Mais voilà, « Cadeau de janvier, ingratitude de février ! ». L’ingratitude est un poison destructeur de nos relations qu’il faut éradiquer à tout prix.

Bien sûr, ici, il n’est pas question de faire jusqu’à la fin de ces jours un acte de bonté envers la personne qui nous a aidé. Dire tout simplement « merci » ou donner un petit cadeau suffit parfois à montrer toute notre gratitude.

La diaspora malgache et son sentiment de supériorité

Partir vivre à l’étranger fait rêver plus d’un ! Une vie loin de la pauvreté, un statut privilégié, être payé en euros, mais plus en ariary… voilà autant de raisons de se sentir légèrement supérieur que ses compatriotes restés à Madagascar.

Loin de leur repère, les Malgaches à l’étranger finissent par changer si bien qu’on ne les reconnaît plus. Arrivé au bercail, fraichement débarqué d’Ivato, l’expatrié acquiert un statut bien différent de celui qu’il avait auparavant. Il est admiré par sa famille et sort toujours du lot avec son look occidental et sa façon de vivre. Cette notoriété soudaine peut vite lui faire prendre la grosse tête. À force d’être montré du doigt comme l’enfant prodige, on perd vite pied et on se sent « spécial ».

Si la comparaison entre l’Europe et Madagascar est obligatoire lorsqu’on vient de l’étranger, le dédain exprimé par certains expatriés malgaches envers les locaux est plus fréquent qu’on pourrait le croire. Tantely raconte son expérience avec ses cousins de France : « Mes cousins vivent dans l’Hexagone. À chaque fois qu’ils passent des vacances à Madagascar, ils prennent leurs airs supérieurs, comme s’ils se considéraient comme des “Vazahas”. Leur statut d’expatriés leur attribue un certains attrait et notoriété. Mais ce n’est pas une raison de développer un complexe de supériorité… La plupart des membres de ma famille qui vivent à l’étranger sont des mégalomanes imbus d’eux-mêmes qui veulent nous imposer leur façon de vivre à l’occidentale, sans aucun respect pour l’identité malgache. C’est triste ! ».

À ce sujet, voici une photo plutôt drôle qu’on a vue circuler sur Facebook visant la diaspora malgache.La Diaspora malgache est-elle aussi dotée d’une pauvre mentalité 

Article connexe : La polygamie : une véritable institution à Madagascar !

Il suffit de se balader sur les réseaux sociaux (à travers les statuts, les commentaires…) pour se rendre compte que les Malgaches à l’étranger, tous genres confondus, qu’il s’agisse d’expats ou de personnes en situation illégale, ressentent ce sentiment de supériorité envers les Malgaches de Madagascar.

Alors, si nous pouvons, pour conclure, nous permettre d’exprimer un conseil, ce serait de comprendre que le temps des divisions est révolu que le seul moyen de restaurer la paix est de mettre fin aux actes de ségrégation et de discrimination. Ainsi, pour redorer l’image de Madagascar et surtout des Malgaches, commençons par restaurer l’amour, la paix, le « fihavanana » et le « firaisankina ».

Partagez l'article :

One Comment on “La pauvre mentalité de la diaspora malagasy, selon Koto Lilahimahitsoambo”

  1. Ce qui est sur c’est que les malgaches arrivés en France changent (je n’ai pas vu les autres ailleurs) . C’est quelque chose qui m’a vraiment frappée, c’est sur que j’en fais partie. Les changements sont multiples. Ce que j’ai remarqué c’est que la plupart des expatriés sont devenus aigris, suspicieux (ce qui entraîne l’individualisme ), indifférents. ..etc. Je pense que c’est surtout dû au choc du changement culturel. Là c’est quelque chose qu’on ne connaît pas si on ne l’a pas vécu. Les malgaches de Mada pensent qu’ici c’est l’El dorado, qu’on n’a plus de souci financier, qu’on est ceci qu’on est cela . Mais sachez que c’est « une autre galère « . Certes, on mange tous les jours, pas de souci de loyer car y a une aide pour qui ont peu de revenus mais croyez moi, la vie en France est « mampivika ». Mais comme les malgaches sont orgueilleux, ils ne laissent paraître aucun signe de tout ça, mais malgré eux, ça se montre autrement, d’où toutes sortes d’attitudes et de comportements qui ne les caractérisaient même peut être pas à Mcar. Après y en a ceux qui ont pris avec philosophie les choses, ceux qui ont mis toute leurconfiance en Dieu et qui y arrivent tant bien que mal à garder leur authenticité …..
    Alors pour ce qui est de restaurer la paix selon votre conseil : si au dedans de nous même on n’a pas la paix, si on ne connaît pas notre identité, on ne pourra jamais être en paix avec les autres.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *