Comment soigner la jalousie

Vie de couple : Comment en finir avec la jalousie maladive ?

Dans un couple, la jalousie maladive peut devenir un calvaire au quotidien. En guérir ou en limiter les effets peut se faire à travers différentes sortes de thérapies.

Traiter la jalousie en tant que paranoïa

Une personne atteinte d’une jalousie maladive est souvent l’auteur inconscient de sa propre histoire. Elle est victime d’une emprise provoquée par les images de tromperie qu’elle s’imagine voir au quotidien. Par conséquent, cette obsession lui dicte d’épier chaque geste et comportement de son ou sa partenaire.

On peut dire alors qu’un jaloux maladif est atteint de paranoïa, ce qui amène à le définir comme étant un individu qui n’a jamais tort, c’est-à-dire, un paranoïaque. Lorsqu’un homme ou une femme est convaincu de l’adultère de son ou sa partenaire, rien ne peut lui enlever cette idée de la tête. Mais au moment où cette persuasion se mue en une douleur insoutenable, cela peut enfin l’amener à consulter un spécialiste. Le thérapeute lui fait alors découvrir petit à petit sa pathologie.

L’approche thérapeutique dans ce genre de situation consiste généralement en une série de questions permettant de déterminer la fréquence de manifestations de la jalousie et l’intensité de la souffrance lors des crises. Elle est suivie d’un jeu de rôles où le patient se met dans la peau de la victime tandis que le thérapeute dans celle du jaloux maladif et inversement. Cette méthode fait prendre conscience au jaloux l’excès de paranoïa qu’il démontre au quotidien.

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Par ailleurs, il arrive que le jaloux soit profondément conditionné par le schéma obsessionnel dont il est l’auteur. Il demeure en lui une inquiétude permanente, souvent incontrôlable et parfois croissante. La victime finit ainsi par rompre tout contact avec l’extérieur pour éviter les disputes. Or, cette situation peut entraîner une autre forme de paranoïa. Le jaloux développe par la suite des raisonnements qui intensifient sa jalousie en pensant que sa partenaire n’est plus heureuse avec lui et pense sûrement à un autre dans ces moments d’égarement.

Dans le jargon des thérapeutes, il s’agit de « distorsions cognitives », des comportements dissimulant des idées que le jaloux maladif doit identifier. Les spécialistes usent souvent du passé de leurs patients pour révéler le sens profond de leur jalousie. Dans plusieurs cas, celle-ci n’est en effet qu’un rappel à la mémoire de l’image de la mère ayant un rapport amoureux avec l’enfant que ce dernier ne veut pas partager.

Laisser du leste à la dépendance affective

On mélange souvent passion amoureuse et dépendance affective. Or, cette dernière se manifeste par un besoin permanent de la présence de l’autre, un sentiment qui peut être nocif pour le couple.

Léo Lederrey, journaliste médical et thérapeute, était un jaloux maladif qui présentait une dépendance affective importante vis-à-vis de sa partenaire. Pour s’en défaire ou, du moins, en limiter les manifestations, il a suivi des stages de Gestalt-thérapie, de rebirthing et de bioénergie. Cela lui a permis de comprendre l’origine de son schéma obsessionnel : selon lui, l’affection qu’il avait avec sa mère a été volée par son père lorsque celui-ci est réapparu après une longue absence.

De ce cas, on peut déduire un facteur important à l’origine de la dépendance affective chez un homme. Il s’agit d’un traumatisme provoqué par l’apparition de ce que l’on pourrait appeler un « voleur d’amour ». Ainsi, chaque homme s’approchant trop de ses femmes est en quelque sorte ce personnage fictif qu’est le voleur d’amour. En identifiant ce bouleversement du passé, il est plus facile d’effacer cette obsession.

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Cette déduction est d’ailleurs renforcée par un constat observé par Violaine-Patricia Galbert (thérapeute de couple) qui définit la jalousie comme étant également un désir de possession sur l’autre. Cette volonté d’emprise exprime d’une certaine manière l’état de dépendance affective. « Je ne peux vivre sans toi ! », tel est souvent le genre de justification que le jaloux apporte lorsqu’il est affectivement dépendant. La thérapie se base alors sur un travail thérapeutique consistant à apprendre au jaloux les principes de l’autonomie pour qu’il puisse se défaire de cette relation excessivement fusionnelle. L’épanouissement personnel est en ce sens la voie de la guérison.

Avoir confiance en soi

Un jaloux maladif doit faire un travail sur lui-même. En effet, les spécialistes décrivent une personne jalouse comme étant également un individu ne se croyant pas être à la hauteur ou digne de l’affection qu’il reçoit de son ou sa partenaire. Souvent, elle se sent menacée par la peur d’un ou d’une rival(e) qui possède des qualités, car elle croit en être dépourvue : beauté, intelligence, etc. Comme thérapie, il doit travailler sur l’affirmation de sa puissance pour qu’il puisse se dire qu’il est aussi beau et intelligent, qu’il mérite cette affection ou qu’en cas de rupture, il aura toujours plusieurs occasions de trouver l’amour. Il est essentiel de retrouver cette confiance en soi, car un manque d’estime de soi risque parfois de faire naître des attitudes nocives qui peuvent détruire un couple.

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Pour autant, dans la plupart des situations, un jaloux maladif travaille sur la confiance en soi en insistant fréquemment sur son partenaire à travers des compliments ou même des demandes de preuves d’amour de sa part. Pourtant, ce type de comportement ne fait qu’atténuer momentanément le sentiment d’insécurité apporté par la jalousie. De plus, cela tend à être plus récursif, ce qui amène la personne jalouse à multiplier cette mauvaise habitude pour se rassurer. À la longue, la partenaire se trouve être agacée et peut décider une rupture.

Selon Léo Lederrey, apprendre à avoir confiance en soi pour avoir confiance en l’autre est un travail de longue haleine qui peut prendre plusieurs années. Il explique que la jalousie ne peut être guérie au sens propre du terme, mais qu’il faut juste savoir la maîtriser. Au final, on peut donc en conclure que pour retrouver la conscience de sa vraie valeur et l’estime de soi authentique et spontanée, il faut se sonder soi-même. En apprenant à se reconsidérer, faire confiance à son partenaire est plus facile, car le doute sur son attirance pour une autre personne n’a plus raison d’être.

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