Pillage forêt de Vohibola : le maire et les gendarmes sur le banc des accusés ?3 minutes de lecture

Forêt de Vohibola : les autorités locales sur le banc des accusés

La forêt de Vohibola, une aire protégée de 1000 ha, est victime de pillage. Ces dernières années, la déforestation a atteint son plus haut niveau.

Aujourd’hui, cet Eden de 1000 ha est en bien mauvais état : selon les locaux, le pillage de la forêt reprend de plus belle et les perspectives ne sont guère réjouissantes avec les trafiquants qui bénéficient de la bénédiction et la protection des autorités locales. Selon RFI et Paris Match, les villageois tiennent pour responsables le maire de la commune voisine d’Ambinaninony, les gendarmes ainsi que certains responsables de l’administration forestière.

Les trafiquants ont fréquemment recours à la corruption pour mener leurs activités, et selon les villageois, ils s’attachent la complicité d’autorités locales (Maire, gendarmes, représentants des autorités locales…) tout au long de la chaîne d’approvisionnement, de la forêt jusqu’au port. En quelques semaines, ces contrebandiers ont décimé plusieurs hectares de forêt. Et qui plus est, ils n’hésitent pas à tuer les espèces endémiques qui se trouvent dans l’aire protégée.

1,8 million d’arbres abattus en 15 ans

Selon les experts environnementaux, la déforestation de la forêt de Vohibola s’est aggravée de plus de 50 % ces 15 dernières années. Des chiffres qui ont de quoi affoler les défenseurs de l’environnement : c’est donc 1,8 million d’arbres abattus en 15 ans, soit 17 fois la surface de la ville de 67 ha.

Un constat dramatique tant sur le plan écologique qu’économique : En effet, si ce massacre continue, les touristes venus pour découvrir nos espèces endémiques risquent de nous tourner le dos. Il faut dire que la forêt de Vohibola bénéficie d’une faune exceptionnelle. Vous pouvez notamment y rencontrer 7 espèces de lémuriens, la plus petite grenouille (Stumpffia Vohibolensis) ainsi que le plus petit caméléon (Brookesia Minima) au monde.

Le Stumpffia Vohibolensis
Brookesia Minima

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Quel espoir pour la forêt de Vohibola ?

Selon les experts environnementaux, tout n’est pas perdu. Des mesures drastiques pourraient inverser la tendance destructrice de cette aire protégée. Avec le soutien de l’État et la mise en place d’une politique environnementaliste, nul doute que nous arriverons à sauver la forêt de Vohibola.

Les opérations d’exploitation clandestine de la forêt s’apparentent par ailleurs à de la corruption. Non seulement cette dernière nuit à l’environnement, mais frappe aussi de plein fouet les moins favorisés. Les riches et les autorités ayant des relations bien placées se partagent les ressources et les bénéfices. Les locaux, quant à eux, n’ont que leurs yeux pour pleurer. Ainsi, il faut mettre fin à l’impunité et instaurer une justice indépendante est crucial pour l’élaboration, l’adoption et l’application de lois environnementales.

Nous espérons que l’actuel gouvernement va trouver une solution au plus vite et traquer sans relâche ces trafiquants, ces charbonniers et ces bucherons qui n’éprouvent aucun remords ni sentiment de culpabilité.

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