Les pirates de Sainte-Marie, la véritable histoire !

La véritable histoire des pirates de Sainte-Marie !

Les pirates sont certainement les hors-la-loi les plus redoutés de l’histoire. Ces bandits ont pillé d’innombrables trésors au large des océans. D’après la légende, il existerait une île loin des caraïbes où ces criminels vivaient à l’écart des lois : l’île Sainte-Marie.

Cette île paradisiaque au cœur de l’Océan Indien était le siège de marins hors la loi. Les archives sont claires à ce sujet, les navires qui accostaient sur le port naturel de l’île faisaient partie de bateaux pirates les plus riches de l’époque. Il y a 300 ans, celui-ci était le lieu où la plupart des pirates ramenaient les bateaux volés.

D’après les comptes rendus de procès, les journaux de bord et les cartes  maritimes, tous les grands pirates de l’histoire sont venus sur l’île et tous y ont caché leurs trésors :

Dirk Chivers, un pirate hollandais de grand renom,

DirkChivers

Olivier Levasseur (la buse), célèbre pour son cryptogramme,

Olivier levasseur

William Condon, alias Christopher Condent ou «Billy One-Hand»

William Condon

L’île de Sainte-Marie, le paradis des flibustiers

Par le passé, les pirates qui opéraient dans l’Océan Indien, la mer de Chine, la méditerranée et le Pacifique étaient les seuls à capturer des navires avec de grands trésors. Les flibustiers savaient que les routes de l’Orient et de l’extrême Orient étaient de parfaits territoires de chasse. L’île de Sainte-Marie constituait une base idéale.

carte ile sainte marieLes vents, faciles à prévoir, notamment lors de la mousson et les voies maritimes traditionnelles empruntées par les pèlerins se rendant à La Mecque,  permettaient aux pirates de deviner les passages des navires chargés d’or.

Les pirates demeuraient à l’affut au large de Sainte Marie, une île dépourvue de toute autorité gouvernementale. C’était le seul port de la région où ils étaient approvisionnés à volonté. Un navire sans défense qui tombait entre leur main se voyait immanquablement dévié sur l’île.

Le canon, l’arme fatale des pirates de l’époque

Les canons étaient les armes de prédilections des flibustiers. Ces derniers utilisaient différents types de munitions selon leurs objectifs :

  • Le boulet rond, par exemple, était tiré sur la ligne de flottaison du bateau de l’ennemie pour le faire couler.
  • Le boulet chainé et le boulet à 2 têtes étaient lancés sur le gréement du bateau ennemi pour le faire ralentir.

Mais généralement, les pirates essayaient de ne pas couler les bateaux qu’ils voulaient capturer. Pour ce faire, ils recouraient aux munitions antipersonnelles comme des sacs remplis de balle de mousquets.

Les pirates utilisaient également des grenades lors de leurs attaques. Celles-ci étaient des boules en fer creuses remplies de poudre à canon avec une mèche. Lors de l’abordage, elles étaient jetées sur le pont du navire ennemi pour semer le désordre parmi l’équipage.

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La légende du Great Mohamet et du Mocha

D’après les historiens, de nombreux bateaux furent coulés au large de Sainte Marie, mais seuls 2 navires auraient échoué à l’intérieur du Port : Le Mocha et le Great Mohamet.

Le Great Mohamet fut la fierté de la marine turque. Avec des dimensions de 40 mètres de long sur 14 mètres de large, cette ville flottante ramène, en 1698, 600 pèlerins de La Mecque. Le navire transportait une immense fortune : de l’or, de l’argent, des bijoux. Ce fut l’un des bateaux les plus  riches jamais attaqués par les pirates.

2 bateaux pirates guettèrent le Great Mohamet qui naviguait le long de la côte Est de l’Afrique. Le premier, le Mocha, est commandé par Robert Culliford, un flibustier qui a réussi à voler le navire du capitaine Kill. Le second, le Soldado, est sous les ordres de Dirk Chivers, un pirate hollandais célèbre pour avoir fait coudre les lèvres de ses prisonniers.

La bataille qui a duré plusieurs heures a été d’une extrême violence. Plus de 20 pirates ont été tués ainsi que plusieurs centaines de musulmans parmi les passagers. Les pirates se saisirent d’un pactole en or d’un montant de 350 millions d’euros. Dirk Chivers, le capitaine du Soldado, réussit l’exploit de s’emparer du Great Mohamet sur lequel il transfère ses canons.

Le Great Mohamet et le Mocha ont ensuite mis le cap vers Sainte Marie.

Pris de rage par le vol du Great Mohamet et la violence de l’attaque, les puissants Mongols qui ont perdu une grande partie de leur trésor exigent d’être dédommagés par leurs  partenaires commerciaux britanniques. Ils les accusent d’avoir soutenu les pirates. Les Britanniques ont ainsi réalisé la menace que faisaient peser les pirates sur le commerce anglais et international. Ils ont alors décidé de les traquer.

great mohamet mocha
Le Great Mohamet et le Mocha ont été sabordés bord à bord à l’embouchure du canal de l’île Sainte-Marie

En 1699, le roi William envoie 4 navires de guerre à destination de l’île Sainte Marie. En apprenant que les Britanniques voulaient éliminer la piraterie, les flibustiers les repoussent en bloquant l’accès à l’ile après avoir coulé volontairement le Great Mohamet et le Mocha dans le Canal. On raconte qu’ils auraient été sabordés bord à bord à l’embouchure du canal. La tentative de capture fut donc un échec cuisant pour les soldats du Roi.

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L’histoire de l’île au Forban de Sainte Marie

Vue de l'île aux Forbans depuis le cimetière des pirates
Vue de l’île aux Forbans depuis le cimetière des pirates

L’île au Forban est une petite île située au cœur de la baie d’Ambodifotatra. Elle est surnommée par les habitants de la région « l’île interdite ». D’après la légende, les pirates tuaient toutes personnes qui tentaient d’y pénétrer.Un pirate et commerçant du nom d’Adam Baldrige y aurait enterré un très grand trésor. Cet homme faisait fortune en vendant du rhum, du sucre, des vêtements et des esclaves. Malheureusement, son activité a tourné court en 1697. Il embarque des Malagasy dans un navire marchand de passage qu’il vend à des colons français de la Réunion. Fous de colère contre les agissements de Baldrige, les habitants de l’île se sont révoltés et ont brulé son fort.

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Le Fiery Dragon : le bateau pirate le plus riche de l’histoire

Parmi tous les bateaux coulés au large de l’île Sainte-Marie se trouve l’un des plus riches : le Fiery Dragon.

Équipé de 40 canons, ce navire de guerre de 40 tonnes a connu une carrière courte, mais exceptionnelle. Il était dirigé par l’Anglais Billy One-Hand, certainement l’un des pirates les plus audacieux et les plus redoutables de l’histoire. Comme la majorité des bateaux flibustiers, c’était à l’origine un navire marchand. Lourdement armé, il appartenait à une compagnie hollandaise. En 1718, il fut capturé par Billy On-Hand et son équipage. Ces derniers le transformèrent par la suite en un véritable navire de guerre. Le pirate le rebâtit ensuite le Fiery Dragon.

Fiery Dragon
Le Fiery Dragon : l’un des navires pirates les plus célèbres de l’histoire

Manœuvré par un équipage de 320 pirates, il met le cap sur le grand large à la recherche de trésor. Pourchassé par les Français et les Britanniques, le navire sillonne les océans pendant 2 ans. Au mois d’aout 1720, il fait sa plus grosse prise au large de l’océan Indien : un navire de pèlerin indien. Pièces d’or, médicaments, soie… le butin est faramineux, soit l’équivalent de 375 millions d’euros. C’est la plus grande prise du Fiery Dragon et la dernière. En effet, William Condent annonce à ses hommes qu’il tire sa révérence.

Généralement, les flibustiers arrêtent leurs méfaits après avoir fait fortune. La majorité était très jeune. Bon nombre de pirates anglais pouvaient trouver refuge en France, à condition de verser une grosse somme d’argent et d’arrêter leur activité. La France offrit ainsi à Condent un refuge sur à l’écart des lois britanniques, mais à une condition : détruire le Fiery Dragon. Après un vote, les pirates acceptent le marché et auraient brulé le navire de Guerre lors de l’hiver 1721.

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La légende d’Olivier Levasseur et de son cryptogramme

Parmi les pirates les plus fascinants du 18e siècle figurait également Olivier Levasseur, surnommé la « Buse ». Commençant sa carrière vers 1715, ce flibustier a écumé les océans indiens après avoir opéré au large de l’Afrique de l’Ouest et du Brésil. Il a fait la seconde plus grande prise de toute l’histoire de la piraterie. Sa légende née en 1721 après avoir réalisé un exploit d’une très grande audace. À bord d’un navire construit par ses hommes, il capture la Vierge du Cap, un galion portugais qui déborde de richesse (or, argent, bijoux, diamants, rubis…). La prise a été évaluée de nos jours à l’équivalent de 400 millions d’euros. En mois de juillet 1730, il a été fait prisonnier par le commandant d’un navire marchand français. Après un procès expéditif, il fut condamné à mort.

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“Avec ce que j’ai caché ici, je pourrais acheter toute l’île !”
“Mon trésor à qui saura comprendre”

La légende veut que la buse ait enterré son trésor, car lorsqu’il a été capturé, les autorités n’ont pas retrouvé la moindre richesse lui appartenant. On dit que lorsqu’il est monté sur l’échafaud, il aurait jeté un parchemin à la foule et dit « mon trésor à qui saura comprendre ». Sur ce parchemin, la buse avait inscrit le lieu où était caché son trésor. Mais malheureusement, il avait crypté les indications en utilisant le système de codages utilisés par les francs-maçons. Depuis lors, la légende d’Olivier Levasseur et son cryptogramme lancé à la foule lors de son exécution n’ont cessé de fasciner les chasseurs de trésors. Nombreux sont ceux qui ont tenté de le déchiffrer, mais qui ont échoué.

Les nombreux vestiges découverts récemment par les scientifiques nous apprennent un peu plus sur les pirates qui régnaient sur l’île Sainte-Marie. Ayant une vie différente des communs des mortels, ces flibustiers, héros sans moralité, continuent à exercer la fascination et à alimenter notre imaginaire.  Pourquoi ? Parce qu’ils ont osé franchir la ligne et devenir des hommes libres.

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